Éros et Psyché : la femme et son Animus sur le chemin de l’individuation

Lire le conte d’Éros et Psyché 

« L’âme a besoin d’ailes pour s’élever au – dessus des contraintes qui l’enchaînent et pour voir l’horizon. Pour que le psychisme s’unisse légitimement au principe créateur d’Éros et délivre le sacré qu’il porte en lui[1] … »

Rêve d’une femme :

Un grand personnage masculin avec des ailes m’emmène devant une maison aux fenêtres artificielles. Pendant que je parle avec un jeune enfant assis dans une flaque d’eau et tenant un serpent – qui me dit être le gardien du silence –  le personnage essaie de passer la porte de la maison, mais se heurte violemment. Il se jette dessus comme un forcené et retombe à chaque fois par terre, blessé. Je ne supporte pas de le voir comme ça, je rentre dans la maison et lui montre que moi je peux rentrer dedans. Un homme sort de la maison. Pendant que j’embrasse cet homme l’ange saute d’un bond sur le toit et jette le feu dans la cheminée. La maison prend feu.

erosComment ne pas reconnaître Éros dans cet « Ange » magnifique, qui préside aux baisers et mets le feu dans la maison ? Comment ne pas penser à cette prière, que la rêveuse ne connait pas, mais que les êtres humains adressaient à ce dieu dans l’antiquité ?

« Je t’invoque, Origine de tout devenir, qui étends tes ailes sur le monde entier, Toi l’inapprochable, l’infini, qui inspires des pensées de vie à toute âme, qui a relié toutes choses par ton pouvoir. Premier né, créateur de l’univers, aux ailes d’or, être sombre, toi qui voiles les pensées toutes raisonnables et inspires de sombres passions, toi qui vit secrètement dans toutes les âmes, tu crées le feu invisible, touchant tout être animé, le torturant infatigablement de plaisirs et de délices douloureux, depuis que l’univers a existé. Tu entraines la souffrance par ta présence, toi, parfois raisonnable et parfois insensé, toi pour qui les hommes violent leurs devoirs par des entreprises hardies, toi le sombre. Toi le dernier –né, le sans lois, le sans merci, l’inexorable, l’invisible générateur des passions, archer, porteur de torche, seigneur de toute perception spirituelle et de toutes les choses cachées, Seigneur du silence, par qui luit toute lumière, jeune enfant quand tu es dans le cœur[2] …. »

Voilà comment les dieux anciens vivent encore au sein de nos psychés. Encore devons-nous savoir les y débusquer et leur redonner leur juste nature. Éros n’est pas le dieu de la lascivité, de la sexualité bestiale et aveugle. Il n’est pas même le dieu de l’amour. Il est le dieu de l’Amour, qui relie le sentiment et le désir, le corps et l’âme. Il est l’amour en Soi, entre nos pôles masculin / féminin, l’Amour de l’Anima, l’amour pour l’Animus, l’Amour du Soi pour l’âme qui « s’agit » en nous. Marie Louise von Franz le décrit comme « psychologiquement un symbole du Soi.[3] » Elle rajoute «  Éros est le Soi[4] envisagé sous l’aspect de source de toute inspiration créatrice, de vitalité : il est la capacité de se laisser émouvoir ; il donne le sentiment que la vie a un sens[5]. » De con côté James Hillman dit que ce dieu « nous conduit aux archétypes dissimulés derrière les modèles et nous fait jouer à divers mythes » et que «  Cette conscience mythique et ces rôles qu’Éros nous fait jouer sont directement le fruit de l’activité créatrice du psychisme[6]. » C’est dire l’attention que nous devrions porter à cet Archétype, le contempler dans ses Images et le porter dans nos vies comme un bijou venu de fin fond des entrailles du monde. D’ailleurs Éros n’est-il pas fils du chaos, sombre réceptacle mouvant – « chaos et création sont inséparables[7] » – où se trouve le Bijou ? Éros n‘est-il pas ce bijou ? Nous connaissons les contes où le héros doit combattre le serpent, ou le dragon, pour aller chercher la Pierre sur son front, Éros n’est –il pas ce Caillou ? Il est intriguant de savoir que dans le conte d’Éros et de Psyché, les sœurs de celles-ci lui décrivent son amant comme un serpent, que dans le rêve se trouve un enfant, qui joue avec un serpent ? N’est-il pas intriguant le lien que nous pouvons faire entre le Soi et la Pierre, le Bijou ?  La grande quête, ce que Jung appelle l’individuation, n’est-elle pas cette recherche du Bijou intérieur, en quelque sorte la rencontre avec Éros ? Si tel est le cas nous pouvons avec James Hillman considérer que le mythe d’Éros et de Psyché est le mythe primordial de la psychologie analytique[8].

Sa particularité réside dans le fait qu’il ne s’agit pas d’un héros en quête d’un Bijou dans le ventre d’un dragon serpent, mais de la quête douloureuse d’un Féminin vers son Amour. Les analyses que nous pouvons trouver prennent l’angle de l’Anima masculine, cependant l’écho réel des symboles exprimés avec un vécu de femme nous permet aussi de l’aborder sous un angle Féminin / Animus, d’une psyché de femme en quête de son Animus.

S’il n’est pas imaginable de faire ici l’analyse détaillée du mythe nous pouvons en dégager les grandes lignes. Il y a féminin et féminin. Celui des sœurs et du contexte humain dans lequel nait Psyché. Elles sont querelleuses, jalouses, cancanières, agressives, menteuses. Elles râlent, ordonnent, espionnent. Ce sont des féminins dénudés de leur nature première, que possède Psyché. Psyché a hérité de la beauté des dieux, elle surpasse la renommée de Vénus. Il ne s’agit pas de beauté esthétique mais de beauté sacrée, de la nature même du féminin quand il peut exprimer son essence. Parce qu’il n’y a pas de place pour ce féminin-là dans le monde des hommes Psyché ne trouve pas à se marier. Sans doute les hommes veulent des femmes aux couleurs de leur âme, à l’image de ces sœurs qui elles ont trouvées mari et fortune. Rejetée, bannie, Psyché est envoyée sur un rocher, au milieu de l’océan, c’est-à-dire au fin fond de l’inconscient. Plus de féminin dans sa beauté naturelle pour ce monde ici-bas, ni par les femmes, ni par l’Anima des hommes.

Le seul Amant possible pour Psyché c’est un « monstre », qui ne la visite que la nuit, et la fait vivre dans un royaume merveilleux à condition qu’elle ne voit pas son visage.

Voilà une situation bien ancrée, de ces femmes qui rêve le masculin idéalisé. Le prince charmant se cache dans ces rêves, mais le féminin ne vit pas, ne porte pas de fruit, il vit seul le jour ; il sait juste qu’il est aimé la nuit, c’est à dire dans l’inconscient. Après les femmes aigries, voici les femmes qui vivent dans leurs rêves.

À quoi peut bien ressembler ce masculin qui  m‘est si étranger si je le regarde à la jpg_Image_Psychelumière  de ma conscience ? Il ressemble à un dieu ! Il est Éros. Si la femme découvre la beauté du dieu qui vit en elle, elle ne peut que faillir, tomber en Amour et de surprise, de passion, laisser tomber l’huile qui brûle. Ce masculin qui ne peut s’exprimer que dans l’ombre des songes, surpris, blessé, s’enfuit … Chez sa mère ! Éros se fuyant lui-même, fuyant Psyché, fuyant la rencontre, la relation, va chercher refuge chez maman, où « il subit la domination de sa mère Penia[9], le manque[10] », comme un petit garçon. Cette mère qui va le malmener, le rendre pauvre, frustré ! Jusqu’à ce qu’il prenne lui-même conscience que Psyché a besoin de lui et qu’il a besoin d’elle. Ce passage est très intéressant. Voilà un Soi immature dont le réflexe, n’est pas celui du héros mais de l’enfant qui va se faire « remonter les bretelles » par sa mère. Vu sous l’angle du Soi ou de l’Animus, de nombreuses femmes pourront s’y reconnaître, car un appel se fait de l’intérieur de se trouver soi-même, un éveil se profile mais une petite voix dit « non ce n’est pas la peine, non tu ne dois pas faire ça, non une femme ça se tait ou ça hurle, ce n’est pas grave si tu as envie de chanter et que tu ne le fais pas ! » C’est la mère castratrice qui a récupéré son Animus de fils pour le sermonner et Psyché de sombrer dans le désespoir, la dépression, la nuit noire de l’âme. Il y a de nombreuses tentatives de ce genre dans la vie d’une femme, les rêves en sont témoins, les expériences aussi. Les mots des femmes qui parlent de ces passages sont clairs. « J’ai envie faire une chose, mais je me dis que ce n’est pas la peine », « je me dis que ce n’est pas grave, que je peux supporter ceci ou cela ! ». Pendant ce temps son Bel Animus vit un calvaire au plus profond de sa psyché. Pendant ce temps là un autre Animus a pris la relève et invective.

Mais une fois entrevu le visage du dieu, le Féminin est amoureux et commence la quête !

Si les héros ont toujours à combattre, des dragons, des serpents, des chevaliers noirs, les héroïnes, elles, ont à faire, à supporter, à cheminer, à tisser et retisser, pleurer, se faire attacher, se faire brûler les ailes … Psyché est un modèle typique du parcours féminin vers l’individuation. Il est pour nous d’une grande valeur dans la compréhension de nos souffrances. Les femmes les affrontent de plein fouet, les hommes doivent savoir que s’ils sont chez maman en train de se faire régenter c’est leur Anima qui fera le parcours des 4 corvées.

Trier le blé : La patience et le tri dans les sentiments, la découverte de ce qui fait notre âme et notre nature féminine. Sans ce travail nous ne savons pas écouter Animus qui nous accompagne dans ce qui est bon pour nous et comment le dire. Pour Anima il s’agit trier les sentiments et les leurres. Se faire aider par les fourmis.

Récupérer la toison des béliers : L’apprentissage lent et méticuleux de la confrontation avec nos émotions, nos pulsions. Sans ce travail nous pouvons brûler et blesser l’Autre, devenir irrévérencieuse, coupante, tranchante, « castratrice ». Écouter le chant du roseau.

Remplir notre vase à l’eau du Styx : Prendre avec soi la part qui nous incombe, notre destin, mettre en œuvre notre nature féminine. Se faire aider d’un aigle.

waterhouse_psyche-boiteEt le plus dur : ramener la boite de beauté à Vénus sans l’ouvrir ! Ou en l’ouvrant, car en fait c’est parce qu’elle ouvre la boite et tombe morte qu’Éros revient, osant enfin vivre sa relation. Que devons – nous faire, ouvrir,  pas ouvrir ? Et que veux dire la boite ? Ce n’est pas n’importe quelle boite, c’est la boite de Beauté de Vénus ! Or Vénus est la déesse de l’amour. Marie Louise von Franz en parle par rapport à la notion de beauté qui n’appartient qu’aux dieux. Il semble que nous pouvons repositionner cette analyse sur un plan plus concret. Le féminin lie par essence la matière et le spirituel, en clair lorsqu’une femme aime vraiment elle ne dissocie pas sa chair de son âme. Cela fait partie de sa nature et l’on retrouve cette qualité dans sa relation avec ses enfants (l’Anima de l’homme fait ça aussi !) Quand on souffre pour ses enfants on dit que l’on souffre aussi dans sa chair. Et c’est Michel Cazenave qui parle le mieux de l’extase au féminin, reliant la chair et l’esprit, « où se traduisent et s’accomplissent à la fois le dialogue, l’échange, le processus de réunification de la créature à l’absolu et son principe[11]. » Or dans son être intérieur il en est de même, dans son rapport au spirituel, au masculin, dans sa psyché la femme aime dans toutes les dimensions. Nous savons que Psyché représente le Féminin non contaminé par la culture et l’ordre disons de la cité. Psyché est donc capable d’amour total, cet amour qui est la beauté de Vénus. Elle se trouve submergée par une énergie qui la dépasse, elle absorbe une qualité qui ne peut être vécue que par un dieu. Elle « dépasse les bornes », Psyché va mourir pour cela, comme une femme peut mourir d’amour, comme une femme peut mourir de la puissance créatrice de son âme si celle-ci n’est pas mise en œuvre. Nous  devons ouvrir la boite, avoir ce courage. C’est le seul moyen d’appeler Éros à notre secours. Nous devons lâcher prise et accepter de regarder bien en face le fond du coffre, notre propre psyché, pour y contempler la beauté des dieux. Seulement et seulement alors Éros quittera le giron de sa mère et sera là pour nous relier à la vie, nous porter le feu de vivre. C’est alors Animus qui nous soufflera à l’oreille le chant de la vie, la route qui est la nôtre, la danse que nous pouvons faire. Alors et alors seulement en nous écoutant nous-même, en nous aimant nous-mêmes nous pourrons faire jaillir la vie autour de nous et c’est bien ce que font les déesses libérées du joug, elles font jaillir les fleurs, couler les ruisseaux, chanter les oiseaux et ces déesses peuvent utiliser le sourire d’une femme, les mains d’une femme,  le parfum d’une femme, ou tout aussi bien murmurer par l’Anima des hommes.

Rêves de femme :

Je suis allongée sur un lit avec Animus, il me serre dans ses bras et me dit « la forêt est belle ! »

Animus me prend les mains et très attentif à ma réponse me dit « tu viendras avec moi à la chasse aux lapins ? »

 

cupid_and_psyche_master_copy_by_phomax

 

 

 

 

[1] James Hillman, La beauté de Psyché, l’âme et ses symboles, Le jour éditeur, 1993, p 103.

[2] Papyri Graecae Magiquee op cit Vol 1 p 129 (le Glaive de Dardanos, Prière à Eros)

[3] Marie Louise von Franz, L’âne d’Or, La fontaine de pierre, 1978,  p 174.

[4] Archétype ordonnateur de la psyché humaine dans le sens de sa réalisation totalité de l’être

[5] Marie Louise von Franz, L’âne d’Or, La fontaine de pierre, 1978,  p 127.

[6] James Hillman, La beauté de Psyché, l’âme et ses symboles, Le jour éditeur, 1993, p 108.

[7] James Hillman, La beauté de Psyché, l’âme et ses symboles, Le jour éditeur, 1993, p 107

[8] James Hillman, La beauté de Psyché, l’âme et ses symboles, Le jour éditeur, 1993, p 99.

[9] Déesse grecque de la pauvreté

[10] James Hillman, La beauté de Psyché, l’âme et ses symboles, Le jour éditeur, 1993, p 103.

[11] Michel Cazenave, Visage du Féminin sacré, Entrelacs ; 2012, p 202.

Aataentsic, Femme du Ciel

ataensic-dc3a9esse-mc3a8re-iroquoise

Il y a très longtemps existait un endroit merveilleux appelé Monde du Ciel. Dans ce monde loin au-dessus des nuages vivait la grande nation des êtres du ciel connus comme les habitants du ciel. Ces êtres ressemblaient parfaitement aux humains mais leur corps était fait de lumière. Ils brillaient comme des étoiles.

Le Monde du Ciel était l’endroit le plus beau et le plus paisible de l’univers. Il était similaire au monde naturel dans lequel nous vivons aujourd’hui. Il y avait des arbres, des plantes, des montagnes et des vallées et toute sorte d’animaux, à quatre pattes ou ailés. Au milieu du Monde du Ciel poussait un majestueux arbre céleste. Cet arbre sacré brillait tellement qu’il illuminait entièrement le Monde du Ciel.

Toute les créatures vivaient en harmonie, elles s’aimaient et prenaient soin les unes des autres. De nombreuses familles vivaient en paix dans le Monde du Ciel et personne n’était jamais malade ou ne mourait.

Un jour  Fleur Étincelante, une très belle jeune fille, tomba brusquement malade. Sa famille s’inquiéta beaucoup et l’amena consulter le grand chef.

Le Grand Chef fit appel aux forces du Monde du Ciel pour prendre soin d’elle. Le Grand Chef tomba amoureux de sa beauté, la prit pour femme et rapidement elle attendit un enfant.

Une nuit, dans un rêve le Grand Chef fut visité par un Esprit. L’Esprit lui parla d’un monde qui existait sous le Monde du Ciel. Ce monde du dessous était recouvert d’une couche de nuages, entouré d’une mer et complètement dans l’obscurité. L’Esprit expliqua que la maladie de  Fleur Étincelante  était le signe qu’elle devait descendre dans ce monde inférieur.

Le grand chef dit tristement à sa femme qu’elle devait voyager jusqu’au monde noir loin dessous pour retrouver des forces. Obéissant au rêve ils écartèrent les racines de l’arbre céleste et Fleur Étincelante se plaça dans le trou du sol du Monde du Ciel.

Alors qu’elle passait à travers le trou la jeune femme s’accrocha aux racines du grand arbre puis commença à tomber. Elle flotta et pénétra dans l’obscurité du monde de l’eau où seuls des oiseaux et des créatures de l’eau pouvaient vivre.

Le trou dans le ciel jeta une raie de lumière qui illumina partiellement l’obscurité de l’eau sombre du Monde de l’Eau. Les animaux s’alarmèrent quand ils virent le ciel ouvert et ce rayon de lumière coupant l’obscurité. Alors qu’elle tombait la jeune femme entendit le son de l’air, le bruit des vagues et le chant des  oies.

Un groupe d’oies intriguées, s’approchèrent pour observer ce qui se passait et découvrirent la jeune femme enceinte tombant  du ciel. Elles l’appelèrent ainsi « femme du ciel »

Les animaux et les oiseaux se demandèrent où allait-elle chuter. Ils organisèrent un grand conseil des animaux et décidèrent de lui venir en aide. Les oies furent volontaires pour récupérer Femme du Ciel sur leurs ailes afin de stopper sa chute vertigineuse.  Faisant un grand cercle de leurs plumes elles avancèrent comme une couverture pour refréner la chute car il n’y avait aucun endroit où tomber.

Juste à ce moment-là une tortue géante émergea des profondeurs de la grande mer et permis que la Femme du Ciel fut déposée sur son dos.

Les oies la déposèrent gentiment et Femme du Ciel arriva saine et sauve sur le grand dos de la tortue. Mais le dos d’une tortue est un endroit inconfortable et non adapté pour qu’y survive Femme du Ciel. Les animaux décidèrent que l’un d’entre eux descendrait au plus profond de l’océan pour rapporter de la terre à mettre sur le dos de la tortue. Ce fut une nage difficile au plus profond de la terre.

D’abord ce fut un castor qui descendit mais il revint sans terre. Puis ce fut une loutre qui disparut dans l’océan dans un grand plongeon. Les autres attendirent avec anxiété  mais elle revint tout aussi bredouille.

Finalement ce fut un petit rat musqué qui plongea. Les autres attendirent longtemps. Juste au moment où ils désespéraient de son retour il apparut avec un bout de terre entre ses petites pattes. La motte de terre fut placée sur le dos de la tortue.

Pour remercier les animaux Femme du Ciel se mit à chanter et danser, étalant ainsi la terre sur le dos de la tortue. De ses mains, de ses doigts et de ses vêtements jaillirent des plantes, des racines et des graines qu’elle ramenait du Monde du Ciel.

Alors qu’elle continuait à étaler la terre sur le dos de la tortue elle finit par former une île. Le dos de la tortue devint sa maison. Sa maison devint l’Ile de la Tortue ainsi qu’elle s’appelle toujours au Canada.

Femme du Ciel donna naissance à une petite fille qu’elle appela Celle qui porte des Fleurs. Ensemble la mère et la fille  furent les premiers habitants de l’île de la Tortue.

Celle qui porte des Fleurs grandit avec tous les animaux devenus ses amis et ses gardiens. Ils prenaient soin d’elle alors qu’elle gambadait et qu’elle chantait joyeusement.

Celle qui porte des Fleurs était pleine d’énergie, toujours prête à courir et jouer, explorant à droite et à gauche. Elle devint rapidement une jeune fille qui embellissait le monde de sa belle voix chantante. Quand elle chantait elle allumait les étoiles. Cependant elle souhaitait aussi avoir un ami comme elle.

Un jour Tonnerre Brûlant que l’on connait sous le nom de Vent de l’Ouest entendit un son merveilleux alors qu’il traversait l’univers en créant des rafales de vent. Vent de l’Ouest entendait la voix enchanteresse de Celle qui porte des Fleurs et courut jusqu’à elle.

Reevaluating Gender and IR Scholarship : Moving beyond Reiter’s Dichotomies toward Effective Synergies.

14440743_580250438852454_1237676175845130612_nJ’ai l’honneur et la joie de prendre connaissance de la citation de mon ouvrage « La femme dans la société celte » dans un article universitaire, proposé aux USA par Laura Sjoberg (Department of Political Science, University of Florida, Gainesville, FL, USA),  Kelly Kadera (Department of Political Science, University of Iowa, Iowa City, IA, USA), and Cameron G. Thies (School of Politics and Global Studies, Arizona State University, Tempe, AZ, USA) : Reevaluating Gender and IR Scholarship : Moving beyond Reiter’s Dichotomies toward Effective Synergies.

Le petit livre vert dans Ultreïa

CouvN7-copie-340x438

Chez moi c’est un peu ravitaillé par les corbeaux, et ça me plait. Mais quand il s’agit de trouver certaines choses, comme certaines publications, heureusement il y a le Net et la poste. C’est de cette manière que 4 fois l’an je reçois Ultreïa. Il arrive, et je me laisse éblouir par les photos, charmée par les textes. Celui du printemps 2016 ne faillit pas à son habitude : de merveilleux articles. Celui-là je l’attendais avec impatience pour ses voyages à Philae et en Mongolie chamanique en particulier. Et après quelques heures à m’y plonger avec ravissement, je terminai sur la page 221 où j’eus le plaisir (et l’honneur !) de découvrir mon petit livre vert : « Le Féminin solaire dans la mythologie ». Tout ce qui me parait important de l’ouvrage est là parfaitement résumé, ciblé, clair et c’est une joie toute subjective que de le voir parmi les feuillets où trônent les flamboyants Féminins de l’Egypte.

ultreiamars

Des prêtresses identifiées sur des fresques chrétiennes

femme pretre 2Dans mon ouvrage La femme dans la société celte, p 45 j’aborde l’idée des femmes encore présentes dans les sacerdoces chrétiens de Bretagne au Ve siècle : « Des prêtres bretons furent admonestés par des évêques Francs au Ve siècle de notre ère pour avoir accepté des femmes auprès d’eux lors de cérémonies religieuses  : “Il s’agit de la fameuse lettre de Melaines de Rennes un évêque collabo­rateur des Francs, envoyée à deux prêtres bretons (c’est–à-dire de Bretagne bretonnante), Lovocat et Cahitern qui se déplaçaient en terre celtique, accompagnés de deux femmes. Faut-il rappeler que la présence d’éléments féminins lors de l’eucharistie ne fut proscrite en Gaule qu’au IVe siècle de notre ère”1. »

Il semble à la lecture des fresques découvertes dans les catacombes de Priscille (Une des plus anciennes et des plus vastes catacombes de Rome, située sur la Via Salaria), qu’elle était tout aussi observable en Italie aux alentours de 230 – 240, c’est-à-dire au 3e siècle. Bien entendu il sera encore longtemps nié que ces figures représentent des prêtresses : c’est bien connu si c’était des hommes ils seraient reconnus de facto en dignité de prêtres, mais des femmes c’est « fairy tales » !

http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-2510473/Vatican-unveils-frescoes-Catacombs-Priscilla-paintings-FEMALE-PRIESTS.html

Pourtant « il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n’y a ni esclave, ni homme libre ; il n’y a ni homme, ni femme ; car tous vous ne faîtes qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3.28). »

1) Agnès Audibert, la Femme en Bretagne, Gisserot, 1993, p 38

Les prêtresses d’Okinawa

Le Japon est réputé pour ses déesses, mais aussi pour le statut de la femme qui n’est pas à l’image de la dévotion qui leur est accordé. Cependant en y regardant de plus prêt nous pouvons observer des traces d’un « vécu » féminin, sans doute héritier d’un très lointain lignage, voire, témoigner d’un ancien système matristique qui d’après les dernières études va de pair avec les spiritualités à teneur d’un Féminin Sacré.

1618495800_9653fe12df_oOn attribue à Okinawa, d’être le lieu où l’on trouve la forme la plus archaïque et la plus pure de la religion Shintô japonaise. On y trouve sa pratique au travers d’un chamanisme local, pratiqué par des femmes prêtresses, encore aujourd’hui très respectées par la population locale, appelées noros  ou  tsukasas  1. Ces particularités ont aussi été observées par un de nos plus célèbres voyageurs, habitué à identifier les particularités marquantes des sociétés : Claude Lévi-Strauss lui- même. En effet lorsque celui – ci visita le Japon entre les années 1977 et 1988, il fit plusieurs découvertes qu’il prit le temps d’exposer à travers différentes conférences.

1977 et 1988 ce n’est somme toute pas si loin dans le temps, ce qui veut dire que ni l’ouverture du pays, ni les ravages de la guerre n’ont totalement bouleversé ce modèle, démontrant par là sa forte imprégnation dans les communautés.

Claude Lévi-Strauss remarque dans l’île d’Okynawa, le statut particulier des femmes et plus exactement des prêtresses. Il remarque que toute la vie religieuse des Ryûkyû est entre les mains des femmes. Lorsqu’il visite le village de Kudaka-Jima il découvre que sur un total de 300 habitants, il s’y trouve 56 prêtresses et que ce système fonctionnait sur les interrelations frères – sœurs :  il assure l’autorité séculière, elle assure la relation spirituelle. Ce fait n’est pas sans évoquer toutes les sociétés marquées par l’antériorité matristiques qui font au frère une place particulière, l’oncle maternel, que l’on retrouve très présent tant chez les Celtes de l’antique Europe que chez certains Amérindiens par exemple.

Ces prêtresses avaient hérité de leur fonction tantôt de leur mère, tantôt de leur belle-mère, c’est-à-di7124_01re que le privilège des rapports avec le surnaturel appartient au sexe féminin en tant que tel et non pas à une femme désignée par la place qui lui revient dans une lignée déterminée. Lévi-Strauss note aussi que l’exercice du culte est « humble et rustique ». La prêtresse communiquait avec les dieux en pénétrant, seule, dans le ashage, petite hutte carrée ou rectangulaire. Mis à part ces petites cabanes, il n’existait pas de temples ou de sanctuaires, les lieux sacrés, appelés utakis, étaient totalement immergeant de la nature. On les trouve principalement sous forme de caverne, dont l’archipel regorge, mais ils peuvent prendre des formes très diverses comme un tas de pierre, une source, une paroi rocheuse, un espace délimité par une murette de pierres sèches, identifiables aux offrandes qui y sont déposées : baguettes d’encens, coraux …

spec_rel01Vieilles pour la plupart, les prêtresses « imposent une distinction naturelle, une dignité, une autorité exempte de toute arrogance.2 » Pour elles la connivence avec les forces surnaturelles est une chose toute simple. Ce constat de l’âge des prêtresses corrobore aussi les préceptes de nombreuses peuplades primitives dont les femmes n’accédaient à la prêtrise (dans le sens large du terme) qu’à l’âge de la ménopause lorsque le « pouvoir » du sang peut alors être totalement dédié au spirituel, n’étant plus réservé à l’enfantement …

Les mères, sœurs, filles et épouses célébraient chaque mois (sauf en octobre) des rites pour assurer la santé et la prospérité, la protection, dans des lieux écartés. Les hommes ne participaient pas à ces rites. Cependant certains d’entre –  eux accédaient à la prêtrise, par exemple quand le munchu, ou le frère devenait l’adjoint de sa sœur, ou bien s’il était préposé dans sa jeunesse à la chasse aux serpents. Mais même dans ce cas ils ne pouvaient pas pénétrer dans les bois sacrés où se déroulaient les rites d’initiations des femmes.

 

 

Le fils caillot de sang : quand l’Homme nait de la Femme

Adam

Il est des Histoires qui narrent la création de l’homme et de la femme d’une façon bien différente de celle que nous connaissons et qui tracent pour nous des situations que nous croyons indélébiles. Mais « dieu » n’a pas forcément créé l’homme avant la femme et les Peuples Premiers sont là pour nous le rappeler. Voici un conte Lakota qui nous propose une toute autre version, le conte du fils caillot de sang :

Au début la femme était seule sur cette terre qui venait d’être créée. Elle était d’une grande beauté et aucun homme ne l’avait encore touchée. Elle reçut la visite d’un esprit puissant originaire de la lune et qui portait en lui les ferments des générations. Il eut une telle influence sur elle, que, pour la première fois, elle commença à saigner comme une femme. Elle étancha le sang qui coulait entre ses cuisses à l’aide de mousse retenue par une peau de lapin. Sitôt que l’esprit quitta son corps et que le cycle naturel de la femme commença en elle, elle s’endormit. Le lendemain au réveil, elle ressentit une envie pressante d’uriner, retira sa couche de fortune et s’accroupit ; alors une goutte de sang tomba sur la terre. Mushtinchala, le lapin, qui passait par là, commence à jouer avec ce minuscule caillot, lui donnant la vie par ces coups de patte. A force d’être bringbalé de – ci de – là, la petite boule de sang prit forme et se transforma peu à peu ; apparurent d’abord de minuscules membres, une tête, suivis bientôt d’une paire d’yeux et d’un cœur. Alors le caillot commença à se mouvoir de façon autonome et à grandir jusqu’à devenir We Ota Wishasha, le Premier Homme.

Nonobstant le fait qu’il est clairement signifié que l’homme fut créé après la femme, qu’elle n’est pas faite de la côte d’Adam, mais que c’est Lui qui est fait du sang de la Dame, ce conte dévoile une autre lecture proche de celles qui peuvent être faites des déesses solaires et des dieux lunaires.kamakhya-goddess-temple-devi-r

Comme dans de très nombreux mythes archaïques la femme est là dès le début et comme toutes les déesses premières elle est « seule », perdue en quelque sorte dans ses rêves et ses attentes. Il est nécessaire que quelque chose se passe pour que la vie jaillisse. Ce quelque chose est, encore une fois, une énergie masculine et cette énergie masculine se trouve signifié par la lune, blessant (fécondant) la femme, comme dans de très nombreuses mythologies animistes. C’est cette blessure, cette fracture, cette coupure engendrée par « le » lune sur le féminin qui provoque la mise en marche du temps, de la vie, des cycles et … des menstrues. « La lecture des mythes abordant cette blessure génitale nous permet de comprendre la réalité de cet événement et de lui redonner le sens ׅ“sacré” de son essence. Si nous le lisons sous l’angle du féminin solaire, cela paraît encore plus évident. Il nous suffit pour cela de lire la lune comme masculin, celui qui met les cycles en mail_340x270.822053461_fem0rche. C’est lui qui naît, qui mature, et qui meurt. C’est bien ainsi qu’apparaissent de très nombreux héros mythiques. […] En conséquence, nous pouvons rattacher le cycle menstruel de la femme à l’effet que la lune a sur lui, et non pas l’identifier à la lune 1 » …

Quant à ce lapin, (qui souvent est un lièvre), lié à la divinité Terre – Mère, « au symbolisme des eaux fécondantes et régénératrices de la végétation, du renouveau perpétuel de la vie sous toutes ses formes » 2, il est tellement célèbre auprès des divines que nous le rencontrons jusque sous les jupes de la déesse celte Bouddica. Il est dit lunaire, parce qu’il dort le jour et gambade la nuit …. Mais peut-être danse-t-il car il sait ce que va engendrer Le Lune …. Peut -être ne danse-t-il pas vraiment, mais joue avec les caillots de sang de la déesse rependus sur les champs endormis ?

1) Le Féminin Solaire dans la mythologie

2) Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Robert Laffont, 1982, p.571

Femmes des Premières Nations du Québec

indiens-micmacs

Nos clichés nous laissent entrevoir un « Indien » à la fois homme de la nature et en totale osmose avec elle, et un farouche guerrier pratiquant la torture raffinée. L’osmose avec la nature, soit, on peut difficilement faire mieux (même au XVIe siècle !). Guerrier sanguinaire …. Oui sans doute, mais c’est une évidence : moins qu’ailleurs… Et qu’en est-il de l’« Indienne » ? L’image la propose comme une femelle à la fois sauvage et silencieuse entièrement dévouée au servage de ses hommes.

La femme des Peuples Premiers était sans aucun doute une sauvage, dans le sens noble du terme, c’est-à-dire non pervertie par une opposition de culture. En accord parfait avec son environnement elle connaissait les plantes, elle faisait la cueillette pour la nourriture et la médecine. Elle brodait de façon magnifique, elle puisait de l’eau et ramassait du bois, elle dansait et elle chantait. Elle mettait au monde ses enfants … « On » nous a largement colporté les histoires de femmes volées, femmes esclaves (adoptées !) unies à un mari déjà pourvu d’autres femmes. Cela peut sembler légitime quand une société se trouve démunie de ses hommes décimés par les colons et pour laquelle il est impossible de concevoir une veuve, une femme, une fille sans secours.

Ce que l’on sait beaucoup moins et c’est pourtant significatif d’une société, c’est un ensemble de mœurs envers la femme, entretenus par de très nombreuses tribus. Sur ce point des Peuples Premiers du Québec sont des sociétés matristiques. J’utilise ce terme plutôt que celui de matriarcal. En effet le matriarcat est l’exact pendant du patriarcat ou un sexe détient le « pouvoir » au détriment de l’autre. Le terme matristique permet de marquer la différence entre un statut de la femme « de pouvoir » politique ou autre, et un statut particulier respecté, vivant, agissant et égalitaire.

Beatrice Kasbarian-Bricourt dans son étude sur les Amérindiens du Québec, Les héritiers de la Terre Mère (L’Harmatan, 2003) nous dévoile quelques réalités dont les traces matristiques sont évidentes.

Les Algonquins disaient que la femme est maîtresse de son corps (1). Voilà quelque chose de très surprenant pour des peuples dit « sauvages », mais qui a de nombreuses répercussions sur les structures de vie et de famille. Les Européens en furent plus que surpris, totalement choqués à ces époques du XVI et XVIIe siècle. Pour des peuples assujettis à la dualité, à la virginité et au mariage il dû paraître étrange de découvrir des peuples dont : Tous les indigènes pratiquaient l’union libre (2). Certains rites comme ceux, décrit par l’auteur, de l’« allumette » ou encore comme celui de la « couverture » que l’on retrouve décrit dans un roman de James Welch (Comme des Ombres sur la Terre, Albin Michel) et qui permettaient à une jeune femme de choisir celui qui passera la nuit (ou plus) avec elle avaient certainement de quoi surprendre, mais dénote sans équivoque une liberté féminine peu commune. Elle rajoute que si un homme sans attache sérieuse veut obtenir les faveurs d’une femme il doit lui présenter des cadeaux. S’ils sont acceptés, ils passent la nuit ensemble et  cette situation durera aussi longtemps qu’ils le voudront (3).7604i4

Le mariage existait mais de façon différente de notre conception : l’exogamie jusqu’au second degré règle la cellule familiale et c’est le plus souvent le matriarcat, ne reconnaissant que la descendance matrilineaire qui est appliqué (4). D’ailleurs comme dans toutes les sociétés matristiques : Chez certaines tribus l’époux ira vivre chez les parents de la jeune femme, leur apportant tous les produits de ses chasses et pêches (5). Il semble que si la polygynie soit courante, elle ne se faisait qu’avec l’accord de la première femme et souvent se composait des épousailles des sœurs ou adoptées par l’homme. Cela pourrait une fois de plus nous faire croire à la misogynie des Indiens, alors que d’autres concepts viennent totalement le contredire comme par exemple le fait que : Dans un couple stable, la notion de « devoir conjugal, n’existe pas, toute femme a le droit de se refuser à son mari et celui – ci ne peut ni la contraindre, ni lui en tenir rigueur (6).

L’auteure en conclut que La femme serait donc la pierre angulaire de la société amérindienne (7). Cela se révèle confirmé par le fait que les « vieilles » n’étaient pas confinées au gynécée : C’est La femme la plus âgée de la tribu ou du clan qui établit le programme calendrier de la chasse et de la pêche même si ces deux occupations sont exclusivement masculines (8).

Elle raconte aussi que les femmes prêtes à accoucher, ainsi que celles ayant leurs menstruations se retiraient dans une hutte à part et qu’elles vivaient alors dans un gynécée exclusif. Ce sont les autres femmes qui la nourrissait et pourvoyaient à ses besoins. Nous pouvons voir dans cet isolement non pas la signification d’une impureté mais les conditions idéales pour le repos physique et psychologique, tel que je l’analyse dans mon livre Le Féminin Solaire. Après l’accouchement c’était le père qui faisait le grand ménage dans la hutte familiale afin que tout soit « propre » pour l’arrivée de la mère et de l’enfant. Comme quoi il arrivait dans ces sociétés que l’homme fit le ménage !

Dans les sociétés anciennes les structures de société trouvent toujours leurs sources et leurs liens dans la mythologie. Dans ce cas nous pouvons observer comment le mythe corrobore les observations de cet ouvrage. En effet certaines histoires et légendes racontent des aventures féminines sous un axe de réversion comme nous les rencontrons dans nos plus anciennes histoires (soleil féminin, lune masculine). Ainsi Chez les Naskapi (Montagnais – Innus, Canada).

Les figures divines ne sont pas non plus exemptes du Féminin. Preuve en est la figure majeure du Panthéon Wendat (Hurons) Aataensic, que l’on retrouve sous le nom de Sa-sak-si chez les Pikuni (Pieds – noirs). Sans oublier la plus célèbre d’entre toutes, Ptesan Win, femme Bison Blanc chez les Lakotas (Sioux).

12376173_929157813826645_2593714873471781821_nLe constat est pathétique lorsque l’on connait la suite de l’histoire, cette histoire qui n’en finit pas de finir … Aujourd’hui est encore un temps de terreur pour ces femmes natives : Quelque 1200 femmes autochtones ont été assassinées ou portées disparues en 30 ans au Canada. Toutes proportions gardées, c’est de trois à quatre fois plus que dans la population canadienne en général. (9).

Télécharger le rapport — Dossier pdf

Solidarité et suivre l’actualité sur les sites et réseaux :

Femmes autochtones Québec

FaceBook FAQQNW

Radio Canada 

 

(1) Beatrice Kasbarian-Bricourt, Les Amérindiens du Québec, Les héritiers de la Terre Mère, Note 2 de l’emplacement 214
(2) Ibid, emp 207
(3) Ibid, emp 214
(4) Ibid, emp 200
(5) Ibid, emp 243
(6) Ibid, emp 250
(7) Ibid, emp 200
(8) Ibid, emp 200
(9) FAQ

Féminin solaire dans la mythologie Innus

175d1

A propos d’un frère amoureux de sa sœur un mythe Naskapi (Montagnais – Innus, Canada) raconte que :  « Celle – ci honteuse d’avoir suscité une telle passion, trouva la route conduisant au refuge céleste grâce à une torche ; son frère la suivit avec une torche semblable. Avec une flamme haute et brillante la jeune fille devint l’astre solaire mais le garçon constatant que sa torche n’était plus qu’un simple tison ne put qu’éclairer les ténèbres nocturnes. Et le mythe précise que “ lorsque la jeune femme s’apitoie sur le sort de son frère, elle le nourrit ; mais lorsqu’elle est furieuse contre lui, elle le laisse jeûner ” c’est ainsi que chaque moi la lune croit et décroit. »

 

Béatrice Kasbarian-Briscout, Les Amérindiens du Québec, Les héritiers de la Terre-Mère, L’Harmattan, 2003

InnuNation.svg