La femme qui s’est mariée avec un ours : la première religion

Barbara Alice Mann et Kaarina Kail, The Woman Who Married the Bear : The Spirituality of the Ancient Foremothers

Encore un de ces livres magnifiques, improbables en français. C’est à croire que nous devons obligatoirement migrer vers le bilingue, et finir par, un jour, tous parler anglais. A croire aussi que le marché francophone ne vaut pas une tasse de thé, tournicotant qu’il se trouve, autour de son seul nombril, excluant toutes réflexions qui ne soient « scientifiquement » prouvées par des experts.

Et pourtant, ce livre est écrit pas des expertes.

Barbara Alice Mann (La brune)

Ecrivaine, historienne, ethnographe. D’origine Native (Seneca) elle est spécialiste de la tradition orale et éducatrice. Université de Toledo, Toledo. Elle a publié environ 500 articles et chapitres et quinze livres, dont Spirits of Breath : The Twinned Cosmos of Indigenous America et Iroquoian Women: The Gantowisas.

Kaarina Kailo (La blonde)

Précédemment été professeure d’études féminines à l’université d’Oulu, en Finlande, chercheuse principale à l’Académie finlandaise et a occupé divers postes à l’Institut Simone de Beauvoir, au Canada. Elle a publié plusieurs livres, anthologies et centaines d’articles sur l’économie du don, l’écoféminisme/mythologie, les traditions des ours, le folklore des femmes et la guérison par le sauna. Elle est également rédactrice en chef de Wo/men and Bears. The Gifts of Nature, Culture and Gender Revisited (2008).

La différence tient au fait qu’elles ouvrent larges leurs recherches, sans exclure les hypothèses, toutes les hypothèses.

Elles explorent le retournement des mythes, le passage du matristique au patriarcat, les incidences sur l’histoire et la pensée collective. Les origines de l’histoire, l’accent mis sur la femme et son époux ours, l’enfant, puis le glissement : la femme de l’ours mise en second plan derrière le chasseur.
Ces passages sont très importants, ils nous apprennent à relire les mythes, à renverser la vapeur d’une pensée patriarcale qui a tout chamboulé.

D’après elles le mythe de la femme qui épouse un ours est représentatif de la première religion, le contrat entre les humains et la nature véhiculé par les grand- mères.


Puis de l’Amérique du Nord à l’Eurasie indigènes elles détaillent les éléments mythiques et folkloriques qui étayent cette thèse.

C’est un véritable bain de jouvence, un retour aux sources et aux racines.

C’est pour moi une libération. Baignée des histoire de Jean de l’Ours dans mon enfance, avec cette lecture d’un féminin un peu dégueulasse parce qu’il couche avec un ours, j’y retrouve l’énergie sauvage de mon essence humaine et féminine. Le « contrat » passé avec la nature, l’osmose, la complicité. Le message des grand-mères et non celui des hommes omnipotents.

A la mode ancienne, non je ne présente pas « que mes livres », je parle aussi de ceux des autres, de ceux des femmes surtout, de ceux des sœurs. Je tente tant que faire se peut, de pratiquer la sororité qui manque à nos frontons.

Matriarcat Enquête sur un mythe

Lorsque j’étais enfant, mon père me disait que si les hommes avaient le pouvoir c’est parce que les femmes l’avaient eu et qu’elles avaient dû faire quelque chose de terrible pour que ce pouvoir leur fut retiré (par les hommes). Derrière la phrase se pavanait l’idée grandguignolesque de la femme pécheresse, la source de tous nos maux. J’y entendais les mêmes inepties que celles que j’avais vues dans le regard horrifié du curé lorsque proposant de surseoir à l’absence d’enfant de chœur, je me proposais « Dieu ! ce n’est pas possible, tu es une fille ». J’aurai été le diable en personne il ne m’aurait pas regardé différemment.

Voilà le souvenir que soulevait en moi la lecture de cet article !  Une drôle d’odeur !

Soit, ils sont encore nombreux les détracteurs des thèses matriarcales matristiques, gylaniques… Mais ils sont, aujourd’hui, très nombreux aussi les adeptes, et non des moindres, même Renfew ose reconnaitre ses erreurs.

Oui certains détails sont à prendre en compte. L’égalité semble consister, pour nous, à devenir tous et toutes « des hommes » (des hommes du patriarcat !), à se comporter comme eux (ou comme ils veulent) et nous nous glorifions lorsque nous découvrons que les femmes chassaient le gros gibier, comme les hommes, ou quelles pouvaient être enterrées avec des armes de guerre, guerrière, comme les hommes. Il y a peut-être une autre réflexion à mener ; l’égalité ne consiste pas forcément à tou.te.s pouvoir se comporter « en homme ». Le problème ne se trouve pas là, mais dans la valeur que l’on porte aux fonctions. Quelle valeur apporte-t-on à la fonction naturelle de porter un enfant et de le mettre au monde ? Si les femmes peuvent aller chasser le gros gibier, les hommes peuvent tisser mais pas accoucher. L’égalité des hommes ne viendrait pas d’une possibilité d’accoucher, l’égalité se trouve dans la valeur que l’on accorde à ce que chacun fait. Il est difficile de ne pas voir la grande valeur accordée aux capacités féminines de faire des enfants, de nourrir, de « faire fleurir », à travers les « maigres » artefacts que nous avons. Que les « Vénus » soient des déesses ou pas semble un sujet sans réponse possible (quoique ! ), mais qu’elles dénotent une importance majeure accordée au féminin ressemble à s’y méprendre à « un fait ».

Bien sûr, à la suite de Fleming, l’auteur aurait pu avancer, que les « Vénus » ne sont que des représentations pornographiques. Mellaart de répondre que « Les statuettes insistent sur les seins, l’estomac, le nombril, sur l’abondance de la chair, et donc sur la capacité de procréer, de soutenir et de nourrir la vie, mais pas sur le simple fait de la reproduction sexuelle. » et donc de la fornication.

Il suffit pour s’en convaincre de regarder nos nombreuses représentations pornographiques qui n’ont rien à voir avec l’application portée aux Vénus. Elles sont généralement si petites justement (grandeur entre 3 et 11 cm) qu’il fallait une volonté, une sorte de dévotion profonde, pour graver sans les outils modernes et l’IA !

Pour réfuter le caractère religieux des statuettes féminines, l’auteur rajoute que :

« Rien n’indique que les statuettes féminines, souvent de taille fort modeste et réalisées dans des matières banales, représentent une ou plusieurs “déesses” ».

Ici Ucko peut appuyer ce point de vue quand il écrit par exemple au sujet des statuettes en argile que « L’utilisation prédominante de l’argile montre que le coût et la valeur n’ont pas une valeur particulière dans ces représentations. »

Rodenborg nous donne une réponse plus pertinente, remettant en question, encore une fois le sens des valeurs :

« Il est rare de rencontrer une polémique plus absurde que celle d’Ucko.[…] Que l’argile soit un matériau trop bon marché pour faire des images de dieux est une affirmation ethnocentrique ; nous ne savons pas si les paysans néolithiques partageaient les valeurs d’Ucko (bourgeois) entre “précieux” et “précieux”. »

Il va de soi que nous pouvons transférer ces analyses sur les « matières » que « nous » jugeons banales sans savoir ce que banal voulait dire dans la psyché préhistorique.

L’article semble vouloir nous démontrer que de tout temps les hommes ont été supérieurs aux femmes. Il tente de nous convaincre que le matristique est une invention et de manière paradoxale l’auteur nous explique que :

« Un autre indice est fourni par l’étude des mythes. Chez de très nombreux peuples, ils font en effet état d’une période initiale marquée par une inversion des rôles entre hommes et femmes, et donc d’une domination féminine, parfois féroce. Invariablement ces mythes expliquent comment une telle situation a pris fin, et comment s’est instaurée la domination des hommes. Loin de plaider pour un retour à l’état antérieur, tous légitiment au contraire l’ordre existant »

Oui, absolument, les mythes font preuve d’un moment charnière de renversement et de très grande violence (par les hommes – tueries, rapts, viols) mise en œuvre pour ce faire. Mais je demande à lire les mythes où se trouve exposée cette férocité des femmes à l’encontre des hommes (mis à part les Amazones, dans un contexte patriarcal il faut le rappeler). Et oui absolument les mythes tardifs nous indiquent que tout est très bien comme ça et que la femme est une ordure à maitriser sous peine de calamité. N’oublions pas que les mythes sont aussi des outils puissants de propagande et de manipulation. Ils indiquent une orientation psychique. Sans cette prise de distance, sans une vision globale nous allons croire encore que pour être une » bonne fille » nous devons rester vierge jusqu’au mariage et ce serait bien de concevoir par l’opération du Saint Esprit. Nous continuerons à croire que chaque homme doit être crucifié ou tout au moins serve de chair à canon.

Tout cela pourrait être de la recherche, des hypothèses, des pistes de réflexion à partager, dans la joie de découvrir notre passé, pour mieux construire notre futur, si cela ne se terminait pas sur une invitation à ne pas penser, ne pas réfléchir, ne pas se poser au moins la question, mais au contraire légitimise l’ordre existant. Nous sommes avec cette phrase, (« Loin de plaider pour un retour à l’état antérieur, tous légitiment au contraire l’ordre existant ») en pleine pensée patriarcale qui ne veut pas laisser sa place (Un vieux Senex – comme dans les mythes). Surtout, surtout ne pas ouvrir la boîte, ne pas ouvrir la fenêtre, ne pas ouvrir la porte du placard, ne pas voir les cadavres qui sont cachés derrière.

La Grande Déesse en Crète

Gimbutas considère la Crète minoenne comme le dernier avant-poste de la « Vieille Europe ». Elle rattache cette culture à celle de l’Europe néolithique alors même que le monde alentour change vers un système indo-européen.

Erik Rodenborg en citant Nanno Marinato nous en livre un résumé très intéressant. Particulièrement intéressant car il souligne pour nous que les observations de Marinato rejoignent clairement celles de Gimbutas sans y faire aucunement référence, sans proposer de parallèles avec la culture du Néolithique en Europe.

Il nous explique que ce qui est exposé au sujet de la Crète « ressemble de façon frappante à l’image que Gimbutas donne de la religion dans la vieille Europe ».
En Crète il est indéniable que la divinité la plus importante est une Déesse, avec pour Marinos, l’impossibilité de trancher s’il s’agit d’une seule déesse ou de plusieurs.

« Marinatos souligne qu’il y a une unité entre la déesse dans toutes ses manifestations et la nature ». La déesse une et multiple, une, manifestée sous de multiples formes. L’étude suppose que la divinité féminine crétoise est donc polythéiste et de la comparer aux déesses égyptiennes aux attributs interchangeables, c’est bien ainsi aussi qu’elle apparait dans la culture Celte par exemple (voir capsule Brigid)

En Crète la déesse est représentée assise et debout à la campagne dans la nature près des sanctuaires, ou sur une montagne, entourée ou assise sur des animaux (lions, griffons, oiseaux, phoques… et bien sûr serpents). Nous avons là une description très proche de ce qu’a pu en faire Marija au sujet de la Grande Déesse du Néolithique. Il note, à la suite de Marinato et donc de Gimbutas, que les déesses guerrières du type Moyen-Orient sont absentes.

En ce qui concerne les dieux, ils sont beaucoup moins courants. Deux figures semblent émerger : le maître animal, le chasseur et le jeune Dieu à la canne.

Erik Rodenborg conclue cette partie d’étude en adhérant à la théorie de Gimbutas, qu’il qualifie de « raisonnable »,  de la déesse minoenne comme le dernier vestige de ce qui existait dans l’Europe néolithique. Tant en ce qui concerne l’expression religieuse d’une divinité féminine majeure que dans l’absence de motifs guerriers.

Lien vers article d’EriK Rodenborg (en suédois)

Démocratie : le mythe et la réalité

Il y a environ 20 ans mon plus jeune fils avait dans un devoir d’école évoqué le fait que les Gaulois portaient des côtes de mailles. Haro de la maitresse d’école, pas encore appelée Professeur des écoles, qui considérait que la côte de mailles c’était au Moyen Age. Mauvaise note et humiliation. Mais l’enfant rapporta à sa mère et je suis allée afficher les « recherches » sous le nez de la dame. Il aurait été intéressant, qu’elle se demande où l’enfant avait été cherché de telles « inepties » avant de lui faire baisser le front comme un idiot de passage.

N’est-il pas un bien nécessaire de revisiter l’histoire, celle écrite par les vainqueurs et qui se croit sortie de la cuisse de Jupiter ?

Que nous apprend l’école au sujet de la démocratie ?

Nous sommes fiers de notre démocratie et tout autant de la faire remonter aux calendes grecques. Ha ces grecs et ces Romains à qui nous devons tout ? Mais tout quoi ?

Le flou, l’oubli, l’obstruction, l’ignorance sont passés par ici car si la démocratie n’est pas une invention moderne, ce n’est pas des Grecs antiques qu’elle tire son origine. C’est son origine déviante, la démocratie réduite aux hommes « libres » dans une société qui instaure la mise en place d’une hiérarchie pyramidale que nous devons aux Grecs. Avant eux, existait une autre démocratie, une vraie démocratie, qui aurait pu nous inspirer plus avant, nous évitant tous les conflits et les douleurs pour cette égalité démocratique que nous tentons de vivre.

Pour rappel

Si en Nouvelle Zélande les femmes ont obtenu le droit de vote en 1893, en Angleterre elles ont attendu 1928 après bien des combats, la mort d’une suffragette sous les pieds d’un cheval et le gavage des autres lors de leur grève de la faim.

En France, il a fallu attendre le 21 avril 1944 pour que les femmes obtiennent le droit de voter et de se présenter à une élection, après plus de 150 ans de mobilisations civiques

Quand la recherche et le mythe disent la même chose

Le professeur Haarmann nous explique comment le contexte des révolutions en Amérique (1776) et en France (1789), le renouveau des valeurs démocratiques s’est référé au modèle de la démocratie athénienne, sans en refléter depuis longtemps l’ensemble des valeurs fondamentales. Dans la société de la Grèce antique, il n’y avait plus d’égalité entre les femmes et les hommes, et il y avait la grande partie des sans-droits, les esclaves.

Pour lui, lorsque Clésthène a introduit un ordre social démocratique dans l’État athénien en 507 avant J.-C., il ne s’agissait pas d’une orientation absolument nouvelle dans l’histoire du monde. Clésthène pouvait s’appuyer sur le modèle de gestion communale dans les communautés villageoises. Le réseau social dans les communes n’était pas structuré de manière hiérarchique. Les décisions étaient prises par des conseils de village et leurs membres étaient des représentant.e.s élu.e.s.

Si la recherche peut nous démontrer cette réalité, le mythe confirme. Quand les gens d’Athènes souhaitèrent choisir le dieu ou la déesse protectrice de la cité (nous sommes donc bien au moment de la création de la cité), les hommes voulaient le cheval proposé par Poséidon, les femmes Athéna. Ici il est très clair qu’il s’agit d’un « conseil » composé des hommes et des femmes, antérieur et héritier d’une démocratie qui porte bien son nom.

Il est raconté que les femmes gagnèrent d’une voix. Que les hommes aient accepté que ce soit Athéna mais à 3 conditions :

  • Que les femmes ne soient plus citoyennes
  • Qu’elles ne soient plus appelées athéniennes
  • Que les enfants ne portent plus le nom de leur mère

Peut-on trouver plus clairement exprimer la mise en place du système patriarcal qui ne reconnait plus à la femme le « droit » des choix politiques et personnels la concernant ? Peut-on lire plus clairement la fin de la lignée matrilinéaire ? Car en définitive si les enfants ne portent plus le nom de leur mère ils écopent de celui de leur père.

Alors oui nous avons hérité des Grecs la démocratie, mais nous aurions pu hériter encore mieux, de l’archaïque démocratie qui compte dans son « peuple » cette moitié de l’humanité qui pendant plus de 2000 ans n’eut droit qu’à l’oppression.

Matriarcal ou Matristique ?

Le terme matriarcat est un mot moderne inventé par Bachofen (1815 – 1887), historien du droit ayant théorisé le « droit de la mère ».  Il emploie aussi le terme de « gynécocratie »

Dans son sens le plus strict gynocratie, ou gynécocratie, est un régime politique dans lequel le pouvoir est exercé par des femmes. Il est utilisé pour désigner une structure sociale sexiste et matriarcale. Son antonyme est la phallocratie.

Le terme de « matriarcat » est, lui, construit, sur le modèle du terme « patriarcat », du latin pater, patris (« père») et du grec archein (« commander »).  Il semble assez évident que le cadre de référence du XIXe ait du mal à concevoir une autre manière de faire que le commandement centralisé autoritaire…. (ne jamais oublier le contexte du chercheur)

Commander de façon gynocrate n’est pas ce que l’on peut observer dans les sociétés dont les femmes sont le fondement, nous pouvons le constater en lisant le magnifique ouvrage de Heide Goettner Abendroth Les sociétés matriarcales. D’autres spécialistes se sont penché.e.s sur la question comme Evelyn Reed avec l’observation de tout ce qui fait la différence d’un système à l’autre.

Les termes de matriarcat et gynocratie se semblent donc pas adéquats sauf peut-être chez les Amazones qu’elles soient réelles ou fantasmées.

Certain.e.s anthropologues ont employé le terme de « matriarcat » dans le sens de « système de parenté matrilinéaire ». Cette définition n’est pas acceptée par de nombreux sociologues et anthropologues qui ont étudié les sociétés matrilinéaires et matrilocales.

Matrilinéaire : Qui ne reconnaît que l’ascendance maternelle (opposé à patrilinéaire)

Matrilocal : Se dit du type de résidence d’un couple lorsque celle-ci est déterminée par la résidence de la mère de l’épouse (opposé à patrilocal).

Une société semble pouvoir être patriarcale et matrilinéaire et/ou matrilocale. Cependant ne s’agit-il pas d’un glissement, en cours ? Pas tout à fait abouti ? En effet le patriarcat repose clairement sur la filiation « du père », reléguant la mère à « l’objet » concepteur du fils héritier (les fils légitimes – quand les autres sont des batards – les filles n’en parlons pas) Clara Acker dans Dionysos en transe, la voix des femmes nous en fait une démonstration parfaite.

Par conséquent une société matriquelquechose ne semble pouvoir reposer que sur du matrilinéaire, peut-être sur du matrilocal…. ?

C’est pour bien discerner les deux systèmes (patriarcal/matriarcal) que plusieurs chercheurs.euse.s et en particulier Marija Gimbutas, remplacent le terme matriarcal par un terme plus neutre : matristique.

Une fois les choses mises à plat, il ressort que Marija a utilisé le terme matristique comme Bachofen a utilisé celui de matriarcat, (en inventant : néologisme !) ces guerres de clochers me semblent stériles et infantiles (Beatles ou Rolling Stones, PC ou Mac ?).   La question du fond me parait bien plus essentielle. L’humain est-il capable de vivre autrement que de façon autoritaire, les femmes ont-elles joué, peuvent – elles jouer un rôle structurant de société ? A moins de considérer qu’elles n’ont toujours pas d’âme et de cerveau il va être difficile de répondre non et c’est pour cette raison et pour un discernement clair que je choisis d’utiliser le terme matristique.

Car Marija avait raison « Hourra hourra hourra »
https://sidovm.wordpress.com/2020/02/23/marija-avait-raison-traduction-de-larticle-dannine-van-der-meer/

Marija avait raison

                              Traduction de l’article d’Annine van der Meer

Traduction, avec l’aimable autorisation d‘Annine van der Meer, par Sylvie Verchère et Geneviève Le Bas. (Article en anglais sur le site d’Annine van der Meer)

marijagimbutas

Réhabilitation de la théorie Kurgan de Marija Gimbutas, développements récents de la recherche.

Cet article contient :

  1. La théorie Kurgan de Marija Gimbutas
  2. La réhabilitation de Marija Gimbutas, recherches récentes interdisciplinaires
  3. Colin Renfrew réhabilité la théorie Kurgan de Marija Gimbutas
  4. David Anthony : « Marija Gimbutas avait raison… »
  5. Remarque de conclusion
  6. La théorie Kurgane de Marija Gimbutas

1 La théorie Kurgan de Marija Gimbutas

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Les peuples Kurgan. LOMA 135.
Marija Gimbutas a décrit la culture des tribus des steppes ou, selon ses mots, le « peuple Kurgan » comme suit : « ils ont une économie de bergers avec une agriculture rudimentaire, de la poterie grossière avec des impressions de cordes et des motifs de soleil, la domestication des chevaux, la guerre, les armes en métal, l’adoration d’un dieu du ciel masculin, un système social patrilinéaire, et enfin des tombes pour les élites[1] ». Kurgan vient du mot russe pour « tombe dans une colline » (ils utilisent un autre mot pour « colline ») car ces tumuli funéraires forment des « collines » dans le paysage.  Les chercheurs danois et suédois modernes ne parlent pas de kurgan mais utilisent le mot barrow ou tombe (tombes d’hommes) pour les tumuli.  Des recherches génétiques, linguistiques et archéologiques récentes ont en général confirmé le travail de Marija[2]. Et, même le grand archéologue britannique, Lord Colin Renfrew – son ami et collègue au départ, qui plus tard refutera ses thèses – réhabilite depuis novembre 2017 sa « Kurgan-théorie ».

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Quatre vagues kurganes, LOMA 128-130.
Marija Gimbutas a décrit la transition de l’agriculture pacifique des sociétés matristiques aux sociétés bellicistes et pastorales gouvernées par les « mâles » en quatre vagues différentes. (voir le site d’Annina van der Meer  www.anninevandermeer.nl bouton Vaderland puis ‘Actuele visies op de overgang van moederland naar vaderland).

 

7.1 Première vague de migration, vague Kurgan 1 : 4300-4200 BC. Voir teste LOMA, p. 128
7.2 La seconde vague, vague Kurgane II: 3400-3200 BC. Voir texte LOMA, p. 129
7.3 La troisième vague, vague Kurgane III: 3000-2800 BC. Voir texte LOMA, p. 129
7.4 La quatrième vague, vague Kurgane IV: 2400-2200 BC. Voir texte LOMA, p. 129-130
7.5 Invasions ultérieures : 2000 BC-1500 AD. Voir texte LOMA, p. 130

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Changement de climat, LOMA p. 127.
Les désastres et détériorations climatiques apparaissent comme des forces motrices de migrations.  Les tribus des steppes habitaient les steppes herbeuses, qui comme une autoroute longue de 5000 Km, parcouraient aussi le bord sud des glaces et les forêts de pins et de feuillus de l’est de la Sibérie jusqu’à la Hongrie[3]. Ils eurent l’habitude de s’adapter aux différents changements du climat. Dans certaines régions du nord, certains descendants de chasseurs-cueilleurs qui, dans les forêts profondes du nord, continuèrent de chasser et cueillir firent parfois la transition vers l’élevage[4]. Dans les régions plus au sud, ces descendants, si suffisamment de pluie tombait sur la steppe, développèrent une économie fermière. Durant les périodes froides et humides, ces fermiers vivaient à moitié sédentaires. A la fois dans les forêts et dans la steppe, il n’y avait pas de nomades, ces tribus étaient connectées à la terre et durant ces périodes s’adaptaient à un style de vie semi-nomade. Alors les femmes, les enfants et les vieux restaient dans les villages, pendant que les hommes tentaient d’élever du bétail sur d’autres terrains.Image 4

2 Réhabilitation de Marija Gimbutas, récentes recherches interdisciplinaires

Certaines recherches récentes restent mitigées[5] ou rejettent[6] la reconstruction des faits historiques de Marija Gimbutas. Mais… d’autres, et parmi les plus récentes recherches confirment ses reconstructions. Allons voir ça …

Elle discerna deux périodes principales : III de Kurgan (3000-2800 AEV) et IV (2400-2200 AEV.).

  • La première période, entre 3000 et 2600 AEC, vit l’invasion nomade et la confrontation des pasteurs avec les agronomes indigènes néolithiques.
  • La deuxième période de 2600-2200 AEC, comme celle de l’assimilation et de l’intégration. La confrontation s’est cristallisée en unités locales appartenant à la culture de la Céramique Cordée de l’âge du bronze, qui a produit des vases avec des impressions horizontales de cordes, dans le nord-ouest et le nord-est de l’Europe[7].

Les dernières recherches du Prof. dr. Kristian Kristiansen de Suède et du Prof. dr. Eske  Willerslev du Danemark  ainsi que de  leurs  équipes mutuelles, confirment  et  réhabilitent le concept d’invasion-assimilation de  Marija  Gimbutas. Les deux équipes ont travaillé en étroite collaboration dans une reconstruction interdisciplinaire plus détaillée de l’âge du bronze en utilisant des recherches isotopiques et linguistique[8]. Le 4 avril 2017, Kristiansen a donné une conférence intitulée Steppe migrant thugs  pacified  by Stone Age  farming  women, à  Copenhague au Danemark[9]. Le 11 mai 2017, Kristiansen a donné la même conférence à Leyde en Hollande « Steppe migrant thugs pacified by Stone Age farming women », qui servit de base référente[10].

Les débuts de l’âge de bronze.
Comme dit précédemment, les équipes suédoises de Kristiansen et danoise de Willerslev travaillèrent de façon rapprochées. Les deux équipes ont récemment montré que les grands changements démographiques au cours de la première partie de l’âge du bronze se sont produits à la suite de migrations massives, et à grande échelle, du peuple Yamnaya des steppes pontiques-caspiennes vers l’Europe du Nord néolithique[11]. Ils combinent des résultats de la génétique, des isotopes du strontium sur la mobilité, l’alimentation et des modifications linguistique, pour démontrer comment le processus d’intégration s’est déroulé après les migrations/invasions des Yamnaya de la steppe. Ils font valoir que les migrants de Yamnaya étaient principalement des hommes qui épousaient des femmes issues de sociétés agricoles néolithiques voisines[12]. Ces sociétés néolithiques de l’âge de pierre étaient basées sur de grandes communautés agricoles, avec la propriété partagée collective des animaux et des terres ; ils avaient aussi des rituels d’enterrement collectifs souvent dans de grandes chambres en pierre, appelées mégalithes[13], très différents des traditions des envahisseurs.

Preuves d’une migration à grande échelle.
Eske  Willerslev a réalisé des analyses d’ADN avec  Morten  Allentoft et Martin  Sikora. Willerslev : « Dans notre étude sur l’âge du bronze, publiée en 2015, nous avons été étonnés de voir à quel point la modification génétique était forte et rapide du néolithique à la culture de la Céramique Cordée. Il y a eu une forte réduction de l’ADN néolithique dans l’Europe tempérée, et une augmentation spectaculaire de la nouvelle, composante génomique Yamnaya qui n’était que marginalement présente en Europe avant 3000 AEC. De plus, la brutalité apparente avec laquelle ce changement s’est produit indique qu’il s’agissait d’une migration à grande échelle, plutôt qu’un lent afflux périodique de personnes[14] ».

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Différences.
Le peuple Yamnaya est originaire des steppes de la mer Caspienne où ils vivaient comme bergers en utilisant des chariots comme logement. Leur économie était basée sur la viande, les produits laitiers et le poisson. Ils étaient grands et plutôt en bonne santé avec peu de caries sur les dents. Aucune agriculture n’est documentée. Les Tumuli ont été alignés en groupes formant des lignes dans le paysage pour marquer les routes saisonnières et après leur mort, les personnes malades ont été inhumées dans des tombes individuelles sous de petites barrow[15]  familiales.  Leurs rituels funéraires incarnaient ainsi une nouvelle perception de l’individu et des petits groupes familiaux monogames engendrèrent un nouveau type de société.

Peste venue de l’Est ?
Vers 3000 AEC., le continent a connu un déclin dans les sociétés agraires de l’âge de pierre. Ce déclin est probablement le résultat d’une forme précoce de peste généralisée en provenance de Sibérie jusqu’à la Baltique[16]. Kristiansen déclare : « Peut-être que les peuples Yamnaya ont apporté la peste en Europe et ont causé un effondrement massif de la population[17]. »

Brûler les forêts.
Ce sont les gens de L’âge du bronze, de la culture des Céramiques Cordées (et non les néolithiques) qui ont brûlé les forêts sur une grande échelle, créant ainsi un espace ouvert pour les pâturages de leurs troupeaux. Une ouverture plus graduelle du paysage se trouve également dans d’autres régions[18].

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Sceptres à tête de cheval et haches de l’Europe centre-est. Droite : Double tombe kurgane d’un homme et d’une femme, probablement un sâti (la femme était brulée avec son mari décédé). Gimbutas, the Civilization of the Goddess, 363. Renfrew showed a diagram of Marija Gimbutas with Corded Ware pottery and battle sceptres/axes.

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Haches et lances dans les « barrow ».
La civilisation de la Céramique Cordée de l’âge de bronze a choisi des armes de guerre comme symboles et ont créé de nouveaux types de poterie et des rituels d’enterrement dans les barrow sur de vastes distances qui avaient de grandes ressemblances avec les rituels funéraires des Yamnaya connus de la steppe[19]. Ils ont érigé des dizaines de milliers de tumuli à une seule tombe dans le nord de l’Europe, alignés à travers le paysage, de la même manière que dans leur steppe d’origine. Les haches de guerre, celles à tête de cheval et des sceptres, ont été massivement trouvés dans les tombes kurganes.

Un régime alimentaire différent.
Les cultures Yamnaya  (de  la vague  3) de la  steppe  pontique  et  caspienne représentaient une économie   pastorale, une migration saisonnière des personnes et des  animaux  entre les pâturages d’été   et  d’hiver,   jalonné par des barrow[20].  Les troupeaux se composaient de bétail, de moutons et de chevaux, et les gens se déplaçaient avec leurs chariots. L’économie était basée sur la viande et les produits laitiers ainsi que le poisson. Les graines des plantes sauvages ont été employées dans la soupe avec la viande[21]. Aucune agriculture n’est identifiable. C’était une alimentation saine et l’espérance de vie était assez élevée.

Femmes d’origine non locale.
Dans un cimetière de la culture des Céramiques Cordées, en Allemagne, nous avons trouvé des traces de massacres de famille dans quatre sépultures multiples contenant des suites monoparentales de père, de mère et d’enfants. Les mères étaient probablement originaires des montagnes Harz, 50-60 km au nord[22], donc exogames. Kristiansen dit : « nous observons que les mâles de la culture des Céramiques Cordées pratiquaient l’exogamie, peut-être le mariage par enlèvement, ce qui fournit une explication possible pour le meurtre[23] ».  Dans un travail récent sur l’alimentation et la mobilité parmi les cimetières des peuples de la culture des Céramiques Cordée dans le sud de l’Allemagne, il a été possible de démontrer que l’exogamie était, en effet, une pratique courante parmi les groupes[24]. La plupart des femmes adultes âgées de 28 à 42 ans étaient d’une origine géographique différente et avait eu un régime alimentaire différent pendant l’enfance, un régime plus semblable aux régimes néolithiques fait majoritairement de protéines végétales[25].

Enterrements des mâles.
Les données archéologiques dans le Jutland montrent que dans les sépultures de la culture des Céramiques Cordées se trouvent 90 % d’hommes[26].  Kristiansen : « Des sources historiques de l’Inde à la Baltique et à l’Irlande confirment cette domination masculine[27] ». Il parle des : « preuves archéologiques existantes d’une domination masculine à 90 % dans la première phase de la culture de la Céramique Cordée. Les types d’objets et les tombes personnelles dans le Jutland, au Danemark, et ailleurs peuvent maintenant s’expliquer par la vieille tradition indo-européenne des bandes de jeunes guerriers célibataires  et  sans terre qui  n’ont  pas à attendre d’héritage »[28].

Bandes saisonnières de jeunes guerriers.
Kristiansen et nombre de ses collègues plaident pour une domination des hommes au cours de la première phase après la migration ; cela correspond à l’ancienne mythologie indo-européenne  des époques ultérieures  (relation père-fils ou  relation frère-frère;   mythe du « héros »,  enlever  et  violer les femmes)[29]. Les sources parlent de différentes bandes de guerriers pionnières dans les migrations en tant que force dynamique.   Ces bandes étaient principalement composées des fils les plus jeunes, car l’héritage était réservé au fils aîné[30].  Ces groupes étaient composés de garçons âgés de 12/13 ans à 18/19 ans[31].    On leur donnait souvent les   noms de « jeunesse noire » ou de chiens et de loups dans le cadre de leurs rituels d’initiation.[32] Ces civilisations Yamnaya ont promus de jeunes mâles mobiles et belliqueux, d’un comportement prédateur[33].  Ils   étaient organisés en bandes guerrières pour s’installer   sur de nouveaux territoires et prendre (voler) les femmes des cultures agricoles[34].

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La première phase sans poterie
Les colonies de Yamnaya étaient dominées par des hommes migrants de première génération.  Dans les premières sépultures masculines ont été trouvés des haches de guerre, mais il n’y avait pas encore de poterie. La céramique cordée est apparue plus tard en Europe du Nord et avant que les femmes mariées, amenées par les guerriers à cette tribu, n’apportent leurs compétences en céramique[35]. Ces femmes ont commencé à produire de nouvelles poteries et ont introduit d’autres innovations[36].  La poterie de la céramique cordée de l’âge du bronze est apparue.

Des langues différentes.
Les Yamnaya    ont introduit les langues   indo-européennes dans l’Europe de l’âge du bronze, mais en tant qu’éleveurs ils   n’avait pas de mots pour les cultures ou la culture, contrairement aux agriculteurs néolithiques[37].  Ils ont développé et adopté des    mots    liés à l’agriculture de la culture néolithiques indigènes.

Un nouveau dialecte proto-germanique en a émergé. Guus Kroonen, éminent linguiste, a pu démontrer que ces nouveaux mots pour les cultures ou la culture n’appartenaient pas aux langues indo-européennes à l’origine. Il a donc été possible de conclure que le peuple néolithique ne parlait pas une langue indo-européenne, comme le faisait les envahisseurs Yamnaya. Ainsi, le processus d’adjonction génétique et culturelle s’est accompagné d’un processus d’adjonction linguistique, créant les bases des langues germaniques ultérieures, appelées Proto-germaniques[38].

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D’autres différences.
Cette recherche récente ne décrit pas en détail toutes les différences car il y en a beaucoup entre les cultures égalitaires néolithiques, pacifiques et matriarcales et les cultures guerrières et patriarcales de l’âge du bronze : « Prenez par exemple les différences entre les grandes maisons claniques d’une famille élargie et les petites maisons rectangulaires d’une famille nucléaire ; parfois cette petite maison est construite sur une haute colline pour des raisons défensives. »

Il y a une énorme différence entre la poterie colorée d’un niveau technique élevé de la culture néolithique de la vieille Europe et la poterie grise, simple, de la céramique cordée de l’âge du bronze. Les cartes montrent la dispersion de ce type de poterie simple sur de grandes zones en Europe et au Moyen-Orient. Le contenu des tombes diffère aussi. Des figurines féminines se trouvent dans les tombes du clan néolithique, des haches de combat et d’autres armes et chevaux se trouvent dans les kurgans ou les barrow.  La diffusion de ces haches de combat à têtes de cheval est cartographiée en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. La propagation des kurgans sur de vastes zones est également cartographiée en Europe et au Moyen-Orient.

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La conclusion de Kristiansen.
Kristiansen termine son article par cette conclusion remarquable : « Cette nouvelle interprétation historique  repose  sur   de solides preuves   et  représente un retour au passé  plus  dramatique  que  le modèle dominant  de transmissions technologiques ». Ainsi, il soutient les première et deuxième phase de la théorie de Marija    Gimbutas, sans toutefois mentionner    son    nom.

Dans la première phase, nous assistons à l’invasion et à la confrontation de migrants venus des steppes. Dans la deuxième phase, à l’assimilation et l’intégration   par ces    envahisseurs. Le célèbre archéologue britannique, Lord Colin Renfrew, a donné le 8 novembre 2017 une conférence à la mémoire de Marija Gimbutas à l’Institut oriental de Chicago. Sa conférence s’intitulait « Marija Rediviva DNA and Indo-European Origins »[39].

3 Colin Refew réhabiliyé la théorie Kurgan de Marija

 avec le professeur

Le grand homme de l’archéologie britannique, Lord Colin Renfrew donna une lecture à la mémoire de Marija Gimbutas à l’Institut Oriental de Chicago[40]. Cette lecture était intitulée « La redéfinition de l’ADN et l’origine des Indo-européens ». La conférence a évoqué le matriarcat et les cercles de la déesse. Voici le résumé de cette conférence[41].

les livres

Un bon ami.
Renfrew commence sa conférence en racontant à son auditoire son amitié avec « Marija » – qu’il appelle sa Marija.  Il a séjourné avec elle dans sa maison près de Malibu, en Californie, a travaillé avec elle sur des sites archéologiques et admiré son énergie, son érudition et ses centres d’intérêt. Il affirme qu’elle a été la première à montrer de l’intérêt   pour les figurines féminines, affirmant que les   femmes ont joué un rôle de premier plan dans les sociétés égalitaires (matristique et non matriarcaux NDT). Les gens dans la vieille Europe ont vécu dans une société équilibrée entre femmes et hommes où personne n’était dominant.   Marija, à sa grande surprise, est devenue l’une des pionnières du mouvement féministe de la seconde vague en Californie.

Renfrew sur la théorie Kurgan de Marija.
La thèse de Marija : Cette vieille société néolithique européenne a disparu suite à l’invasion belliqueuse du peuple Kurgan d’origine indo-européenne, qui construisit des monticules funéraires ou Kurgans et qui a instauré la domination masculine et la guerre. À ce stade, les idées de Renfrew et Gimbutas (années 60 et 70 du 20e siècle) divergent. Renfrew a adhéré aux hypothèses selon lesquelles les premiers agriculteurs étaient d’origine indo-européenne et provenaient d’Anatolie. Il a fini par admettre qu’il    avait tort. Les premiers agriculteurs sont venus d’Anatolie et sont entrés à Chypre vers 9000 AEC, et sur le continent de la vieille Europe vers 7500 AEC ; ils n’étaient certainement pas d’origine indo-européenne.

Renfrew a été tout à fait honnête en admettant qu’il y a deux ou trois ans, il aurait   donné un discours commémoratif différent, parce qu’à cette époque la dernière recherche ADN sur les corps anciens n’était  pas  encore disponible . En 2017, il admet que   les résultats récents d’ADN soutiennent   de nombreux éléments de l’hypothèse Kurgan de Marija. Même si les questions n’ont pas encore toutes les réponses, à  sa  grande  surprise,  Marija se retrouve à la fin de  sa conférence comme « le  précurseur triomphant  de  travaux actuels ».

Archéologie processuelle.
Renfrew était un adepte de la Nouvelle Archéologie ou de l’Archéologie processuelle.   Ce courant, en archéologie, indiquait que les « migrations » avaient été exagérées., qu’il s’agissait d’un lent processus de changement ; que ce changement n’avait pas été causé par des « migrations » et certainement  pas par des « invasions »   soudaines. Mais en novembre 2017, Renfrew proclame : « Les résultats de l’ADN, de la génétique moléculaire et de l’archéogénétique, prouvent qu’il y a eu un processus de migration ».  « Elle (Marija) avait raison ».

Une vieille théorie.
Gimbutas a déclaré : « Les Indo-Européens venaient des   steppes pontiques, au nord de la mer Noire. » Elle n’a pas été la première à développer une thèse sur ce sujet. Le premier à le faire fut Otto Schreder en 1890, suivi par l’Australien scientifique V. Gordon Childe, The Aryans, 1923. Après la Seconde Guerre mondiale Marija ravive cette vieille théorie dépassée après le racisme national-socialiste sur les aryens indo-européens. En 1963, 1968 et 1970 elle écrit au sujet de sa théorie des Kurgan : « Les envahisseurs de la steppe apportaient de nouvelles coutumes funéraires, les haches de guerre en fer et le peu attrayant style des céramiques cordées.   Elle a réalisé des diagrammes de la dispersion de ces haches et des poteries kurganes. Lors de sa conférence Renfrew avoue : « J’étais    sceptique sur les migrations et je suis encore surpris qu’elle avait raison ».

Recherche ADN.
Renfrew a mentionné les travaux antérieurs sur l’ADN d’Albert Ammerman et Luigi Luca Cavalli Sforza. Ensuite il a continué à donner un aperçu de la plus récente recherche sur l’ADN,    les  preuves  archéologiques  et  linguistiques antérieures  d’une migration/invasion  des  steppes pontiques   du nord  de la  mer Noire.

Il a mentionné le laboratoire de David Reich à Harvard. Trois études importantes sur l’ADN mitochondrial  antique sont venues de  ce  centre :

L’étude de Wolfgang Haak et autres, « Massive Migration from the steppe was a source of Indo-European Languages in Europe », Nature 522, 2015, p. 207-211.

Il a mentionné celle de I. Lazardis et autres, « Genetic origins of the Minoans and Mycenaeans », Nature 548, aout 2017.

Le troisième article qu’il mentionna fut de I. Olalde et autres, « The Beaker phenomenon and the genomic transformation of North-Western Europe ».

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Preuves en couleur.
Renfrew déclare : « Il ne fait aucun doute que la théorie de l’invasion-migration Kurgan ait été massivement soutenue par le travail de Haak . La langue proto-indo-européenne    a atteint l’Europe   via la culture Yamnaya.  Ainsi, le travail de Haak soutient l’hypothèse Yamnaya – et Kurgan    de Marija  Gimbutas ».  Renfrew a montré des graphiques de   l’œuvre de W. Haak (voir les diagrammes). Le bleu a montré l’ADN des chasseurs-cueilleurs, l’orange celle des premiers agriculteurs européens néolithiques[42]. Le vert qui est venu beaucoup plus tard   a montré l’ADN des Yamnaya venus de la steppe. Renfrew a terminé en disant : « Je vous laisse un peu confus, parce que l’ADN ancien (sur de nombreuses questions, en particulier celle de l’Anatolie et celle de  Beaker)   n’est  pas  très  clair. Cela sera encore discuté pendant des décennies. Mais l’hypothèse Kurgan de Marija est magnifiquement justifiée par des recherches récentes sur l’ADN.

  4 David Anthony : « Marija  Gimbutas  avait   raison »

Le 7 novembre 2018, David W. Anthony, professeur d’anthropologie au Hartwick  College  (NY) et  auteur du livre The Horse, the Wheel and  Language a rendu visite à l’Université de Leiden. Au Musée national des antiquités néerlandais, il a présenté ses dernières recherches sur les origines des langues indo-européennes dans une conférence intitulée Origines indo-européennes    à travers la  linguistique et les  anciennes  perspectives de l’ADN[43]. Il a déclaré à son auditoire avec emphase : «Marija  Gimbutas avait raison ! »

  5 Remarque finale

Nous pouvons seulement conclure : les théories et les idées sur la théorie Kungan de Marija Gimbutas sont vrais. Son travail au sujet des invasions Kurgan est réhabilité. Hourra, hourra, hourra !!!

 

 

[1] Voir aussi C.C. Lamberg-Karlovsky, ‘Achaeology and Language: The Indo-Iranians’, Current Anthropology vol 13 (February 2002) 63-88.

[2] Haarmann, Das Rätsel der Donauzivilisation, 231; Anthony, The Horse, Wheel and Language, 307; Mallory, In search of the Indo-Europeans, 92, 184, 250. 11

[3] Barry Cunliffe, Europe between the Oceans, 42 with map

[4] Brentjes, Die Ahnen Dschingis-Chans, 73; Haarmann, Die Indoeuropäer, 20, 26-26.

[5] Barry Cunliffe, By Steppe, Desert and Ocean. The Birth of Eurasia, , Oxford University Press, Oxford, 2015, 83-84 reste mitigé sur les invasions des steppes nomades : La cause de la crise dans le bas Danube fut violemment débattue. Le climat froid a pu encourager certains bergers à se déplacer vers les pâtures plus chaudes de la région du delta du Danube. L’évidence de cette idée est comparativement moins significative, mais les établissements locaux semblent avoir été abandonnés et de nombreuses tombes kurganes de la steppe y sont trouvées, certaines d’entre-elles contenant des têtes de masses en pierre en forme de tête de cheval ; brulées avec les morts. Ces nouveaux éléments ont suggéré l’incursion d’un groupe de bergers de la culture dite de Suvorovo, venant de la vallée Dnieper, aux environs de 4200 AEC. D’autres archéologues argumentent que la population locale a assimilé des éléments de la culture de la steppe, aussi il est simple de voir le phénomène Suvorovo comme une incursion limitée des communautés de la steppe migrant à travers l’Europe.

 

[6] Christoph Baumer, The History of Central Asia. The Age of the Steppe Warriors, I.B Tauris, London, New York, 2012, est un des défenseurs de la théorie de l’assimilation, mentionnée par Barry Cunliffe, 56, 78 en référence à Krystof Ciuk ed, Mysteries of ancient Ukraine, Toronto, 2008. Bauer, 78 : ce sont les cultures agraires émergeantes ou Cucuteni-Tripolye, qui se rependirent durant le meilleur climat autour de la rivière Dnieper, à l’est près de la cité moderne de Kiev. Alors que les agriculteurs autonomes pratiquaient l’agriculture sur brûlis et que le sol s’épuisait rapidement, ils furent forcés périodiquement de se déplacer pour trouver des terres vierges, ainsi les cultures s’éloignèrent de plus en plus de Dnieper. Autour de 3300 AEC, Tripolye a été secouée par une grave crise, principalement auto-infligée. La douceur du climat qui a commencé autour de 3500 AEC a entravé l’agriculture, mais l’approche sur brûlis et la déforestation massive à des fins de construction et de chauffage ont réduit la partie boisée de la région. De cette façon, les agriculteurs de Tripolye ont détruit leur propre barrière naturelle contre les nomades des steppes progressant lentement dans le nord-est qui, au début, ne pouvaient pas traverser ce mur de forêt avec leurs troupeaux. Les éleveurs de l’ouest de l’Asie centrale, qui cherchaient à échapper au climat frais en migrant vers le sud, ont commencé à s’infiltrer dans le domaine culturel du Tripolye. Étonnamment, la culture de Tripolye ne s’est pas effondrée à la suite de cette migration, mais a plutôt connu un renouveau.Les agriculteurs ont adopté les technologies des éleveurs en progression et utilisé leurs terres… Il semble que l’expansion du mode de vie des nomades des steppes à l’ouest ne soit pas tant le résultat d’attaques militaires que l’adoption de technologies d’élevage adaptées aux changements climatiques et conditions écologiques.  Bauer, 79 note 78 : « Les hypothèses de Marija Gimbutas dans les années 70, d’une brutale destruction d’une organisation culturelle agricole, pacifique, égalitaire et matrilinéaire de la Vieille Europe par des cavaliers indo-européens patriarcaux et militaires venus de l’est, a été peu ou prou abandonnée. Il n’y a pas d’évidence que la culture des agriculteurs du Chalcolithic fut matriarcale et égalitaire, pas plus que les gens de la steppe furent des cavaliers armés aussi loin que le troisième ou quatrième millénaire AEC. Cependant, il est vrai que les bergers semi nomades possédaient une élite guerrière et érigeaient des kurgans ». Les recherches des docteurs Anthony et Telegin semblent contredire ce que nous appelons « la reconstruction » de Bauer (page 56 notes 31, 32).

[7] Marija Gimbutas, Civilization of the Goddess, 392-393; La traduction allemande pour ‘Corded Ware Culture’ est ‘Touwbekercultuur’.

[8] Kristian Kristiansen, Morten E. Allentoft, Karin M. Frei, Rune Iversen, Niels N.

Johannsen, Guus Kroonen, Łukasz Pospieszny, T. Douglas Price, Simon Rasmussen, Karl-Goran

Sjogren, Martin Sikora & Eske Willerslev, ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and

language among the Corded Ware Culture in Europe’, Antiquity, Bd. 91, nr. 356 (2017), 334-347. 12

[9] See Kristiansen’s lecture of 4 April 2017 at the site of the Centre for GeoGenetics, university of Copenhagen: http://geogenetics.ku.dk/latest-news/alle_nyheder/2017/steppe-migrant-thugs-pacified-by-stone-age-farming-women/; in 2017 this full lecture was online.

[10] See the same lecture in the RMO in Leiden, the Netherlands – the sixth ‘Louwe Kooimanslecture’ – given by Prof. K. Kristiansen on 11 May 2017 , 1-4; in 2017 an extended summary of this lecture was online.

[11] M. E. Allentoft e.a., ‘Population genomics of Bronze Age Eurasia’, Nature 522 (2015), 167-72; W. Haak e.a., ‘Massive migration from the steppe was a source of for Indo-European languages in Europe’, Nature 522 (2015) 207-11 https://doi.org/10.1038/nature14317; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 335.

[12] Gimbutas writes: Jamnaya. In modern Russian this name is written as Jamnaja and in Ukraine-language as Jamna.

[13] C. R. Meier, R. Ganslmeier, V. Dreseley and K. W. Alt, New approaches to the reconstruction of kinship and social structure based on bioarchaeological analysis of Neolithic multiple and collective graves’, J. Kolár, F. Trampota eds., Theoretical and methodological considerations in Central European Neolithic Archaeology, British Archaeological Reports international series 2325, Oxford, 2012, 11-23; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 338, 343.

[14] 15 See lecture ‘Steppe migrant thugs pacified by Stone Age farming women’ of 4 April 2017 at the site of the Centre for Geogenetics, Copenhagen; See summary of the lecture of prof. K. Kristiansen ‘Steppe migrant thugs pacified by Stone Age farming women’ on 11 May 2017 in Leiden, 3.

 

[15] Littéralement « brouette ».

[16] S. Rasmussen e.a., ‘Early divergent strains of Yersinia pestis in Eurasia 5000 years ago’, Cell 63 (2015), 571-82, https://doi.org/10.106/j.cell.2015.10.009; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 335.

[17] Summary of the lecture of prof. K. Kristiansen on 11 May 2017 in Leiden, 2.

[18] S. T. Andersen, ‘History of vegetation and agriculture at Hassing Huse Mose, Thy, northwest Denmark, since the Ice Age, ‘Journal of Danish Archaeology 11 (1993) 57-79; K Kristiansen, ‘Eurasian transformations: mobility, ecological change and the transmission of social institutions in the third millennium and early second millennium BCE’, The world system and the Earth system: global socioenvironmental change and sustainability since the Neolithic, Walnut Creek (CA), 2007, 149-162; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 336 with ref. to T.C. Doppler, 2015.

[19] 19 E. Hübner, Jungneolithische Gräber auf der Jüttischen Halbinsel. Typologische und chronologische Studien zur Einzelgrabkultur, Nordiske Fortidsminder, Serie B 24, Kopenhagen, 2005; Q. Bourgeois, Monuments on the horizon: the formation of the barrow landscape throughout the 3rd and the 2nd millennium BC, Leiden, 2013; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 336. 13

[20] Natalia Shishlina, Reconstruction of the Bronze Age of the Caspian steppes: life styles and lifeways of pastoral momads, British Archaeological Reports international series 1876, Oxford, 2008; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 337.

[21] R. J. Schulting, M. P. Richards, ‘Stable isotope analysis of Neolithic to Late Bronze Age populations in the Samara Valley’, D. W. Anthony e.a. eds., A Bronze Age landscape in the Russian steppes. The Samara Valley Project, Los Angeles, 2016, 127-49; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 337.

[22] Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 338.

[23] Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 338.

[24] K.-G Sjogren, T. D. Price, K. Kristiansen, Diet and Mobility in the Corded Ware of Central Europe, PLoS ONE 11 (2016): e0155083 https://doi:10.1371/journal.pone.0155083; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 338-339.

[25] I. N. Lazardis e.a., ‘Ancient human genomes suggest three ancestral populations for present-day Europeans’, Nature 513 (2014), 409-13; Kristian Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 338.

[26] Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 339 with ref. to Hübner, 2005, p. 632-33, fig. 454.

[27] Hedwig Falk, Bruderschaft und Würfelspiel. Untersuchungen zur Entwicklungsgeschichte des vedischen Opfers, Hedwig Falk hrg, Freiburg, 1986.

[28] Summary of the lecture of prof. K. Kristiansen on 11 May 2017 in Leiden, 2; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 339 with ref. to A. Petrosyan, 2011, 345, see note 29.

[29] LOMA 134 ; Van Venus tot Madonna, 264, 315-316 see for sev. ex. index ‘held’; David Anthony, The Horse, the Wheel and Language, 134 gives the Ind-European myth of the twin brothers Manu and Yemo: their cattle was stolen by a big serpent (female symbol). Anthony, 135: ‘The myth reflects the worldview of a male-centered, cattle-raising people’.

[30] A. Petrosyan, ‘Armenian traditional Black Youths: the earliest sources’, Journal of Indo-European Studies 39 (2011), 342-53; B. Sergent, ‘Les Troupes de jeunes homes et l’expansion indo-europienne’, Dialogues d’histoire ancienne 29 (2003), 9-27; A. Pike-Tay, D. W. Anthony, ‘Dog days of winter: seasonal activities in a Srubnaya landscape’, D. W. Anthony e.a. eds., A Bronze Age landscape in the Russian steppes. The Samara Valley Project, Los Angeles, 2016, 373-85; D. R. Bown, D. W. Anthony, Midwinter dog sacrifices and warrior initiations in the Russian steppes at Krasnosamarskoe, in press; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 339. 14.

[31] Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 339.

[32] Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 339.

[33] Heide Göttner-Abendroth, ‘Notes on the Rise and Expansion of Patriarchy’, Societies of Peace, Matriarchies past, present and future, Toronto, 2009, 424-433.

[34] See J. P. Mallory, In Search of the Indo-Europeans. Language, Archaeology and Myth, London, 1989 about war bands or ‘Männerbunde’: 110-11; wolf: 108, 110, 116, 157; see for recent research K. Kershaw, The one-eyed god: Odin and the (Indo-)Germanic Männerbund, Journal of the Indo-European Studies monograph 36, Washington D.C., Institute for the Study of Man, 2000; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 339. See note 29 for further literature, specially David Anthony.

[35] Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 340 with ref. to Furholt, 2014, 6, fig. 3.

[36] Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 340 with ref. to Ivanova, 2013 and Frinculeasa et al., 2015.

[37] Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 340 with ref. to Klassen, 2005.

[38] G. Kroonen and R. Iversen, ‘Talking Neolithic: linguistic and archaeological perspectives on how Indo-European was implemented in southern Scandinavia’, American Journal of Archaeology, in press; Summary of the lecture of prof. K. Kristiansen on 11 May 2017 in Leiden, 3; Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 340,341, 342.

[39] Kristiansen e.a., ‘Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe’, 343.

[40] Colin Renfrew gave on 8 November 2017 a Marija Gimbutas memorial lecture ‘Marija Rediviva DNA and Indo-European Origins’ at the Oriental Institute in Chicago; see for Renfrews very positive view on the Kurgan-theory of Marija Gimbutas : https://www.google.com/search?q=Marija+Rediviva+DNA+and+Indo-European+Origins%E2%80%99&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b.

[41] See: https://youtu.be/pmv3J55bdZc. The lecture provoked many reactions, see for example Carol Christ who wrote in December 2017 a blog called: ‘Marija Gimbutas Triumphant’.

[42] Ces résultats furent trouvés par les chercheurs Suédois et Danois en 2012 sur des études génétiques des premiers fermiers autour de 3000 AEC dans la région qui va de la Méditerranée au Nord de l’Europe ; see Pontus Skoglund, Helena Malmstrom, Maanasa Raghavan, Jan Stora, Per Hall, Eske Willerslev, M. Thomas P. Gilbert, Anders Gotherstrom, Mattias Jakobsson, ‘Origins and Genetic Legacy of Neolithic Farmers and Hunter-Gatherers in Europe’, Science, 27.4.2012: vol. 336, issue 6080, p. 466-469 (DOI: 10.1126/science.1216304). Abstract:  La manière de vivre des fermiers originaires de l’est il y a 11000, 15000 ans ont envahi toute l’Europe quelques 5000 ans après.  Quoiqu’il en soit l’impact de la révolution agricole sur la démographie et les variations génomiques restent inconnues. Nous avons obtenu 249 millions de paires d’ADN génétique datant d’environ 5000 ans sur trois chasseurs cueilleurs et un fermier, excavés en Scandinavie et la génétique du fermier est sensiblement similaire aux européens du sud, contrastant avec celle des chasseurs cueilleurs dont la signature génétique est plus proche de celle des européens du nord.

Nos résultats suggèrent que les migrations du sud de l’Europe catalysèrent la propagation de l’agriculture ce mélange à la suite de cette expansion a finalement façonné le paysage génomique de l’Europe moderne.

See also in German: ‘Erste Bauern Nordeuropas stammten aus dem Mittelmeerraum. Steinzeitliche Jager und erste Landwirte waren genetisch sehr verschieden’ (in English: ‘First Farmers of Northern Europe came from the Mediterranean, Old Stone Age Hunters first farmers were genetically very different’), http://www.scinexx.de/wissen-aktuell-14699-2012-04-27.html.

[43] See for recent review of Anthony’s work: https://indo-european.eu/2017/12/the-new-indo-european-corded-ware-theory-of-david-anthony/ Published by Carlos Quiles 17.12.2017

 

 

Marija Gimbutas… Marija Gimbutas was right

Quelle satisfaction de voir que certains se sont penchés sur les travaux de Marija Gimbutas sans à priori et avec sérieux, pour enfin lui donner raison. Oui il fut un temps matristique où les peuples vivaient autrement que par la guerre et le sang. Oui il fut un temps où des fils, oubliant leur Mère, apprirent à harnacher les chevaux, fabriquer des armes et s’approprier le vivant… Oui il fut un temps…
Demain … Demain je vais poser mes pieds sur le sol de New Grange,  je vais glisser mes semelles sur le sol des Temples de Malte… J’aurai une pensée, un fil de joie pour cette grande dame, qui a tant apporté.

MG texte

Vous trouverez le texte entier sur le site de Annine van der Meer

Les sociétés matriarcales, Heide Göettner-Abendroth

 

couvertureEditions des femmes 2019

Combien a-t-il fallu d’années pour que cet ouvrage soit édité en France ? Et combien cette essayiste a-t-elle écrit d’ouvrages traduits en français ?  La France, au quatrième rang des pays publiant le plus de livres éditait, en 2015, 293 nouveaux livres par jour ! Combien de ces ouvrages sortent du lot par leur profondeur, leur sérieux ? Combien ne sont pas des copies de copies, des mots différents pour les mêmes teneurs ? Combien de titres anglais, ou allemands, précieux, pouvons-nous voir traduits ?

Mais enfin le voilà ! C’est pour moi une joie féroce que de le lire dans ma langue « maternelle » qui permet la lecture fluide et la compréhension plus fine.

Car enfin nous voici avec un texte qui cherche, qui fouille, qui expose une réalité que nombreux sont à encore nier : l’existence, l’antériorité, l’universalité de sociétés « matriarcales[1] » avec tout ce qu’elles proposent de différent, de « possible ». Non le fonctionnement humain n’a pas toujours et partout été ce que nous en connaissons, ce que nous en vivons tous les jours. Nous sommes esclaves de nos croyances, et nous, Français, sommes particulièrement attachés à nos assises et à « l’institution répressive de l’université[2] » dont parle l’auteure.

Osons, pour une fois au moins, un « pourquoi pas ? », plonger dans ces 574 pages, dépassant notre tendance au moindre effort. Le voyage est rempli de surprises et de conscience acquise. Nous voyageons en Asie orientale, aux Amériques, en Inde et en Afrique pour y croiser ces autres façons de faire, autres façons de voir.

Geo

Heide Göettner-Abendroth annonce la couleur, il s’agit pour elle d’un chemin « intellectuel et spirituel », en quelque sorte il ne s’agit pas pour elle de se contenter d’une seule analyse méthodique, mais aussi d’une profondeur, d’une sensibilité questionnée. Elle raconte combien sa perception elle-même a changé au cours de ces travaux, comme cela lui a permis de comprendre de l’intérieur. Cette manière de travailler, en y mettant de l’âme, si elle se rencontre de plus en plus parmi nos spécialistes est encore bien trop rare. Nous sommes ici loin des études distanciées et « techniques » de nos parents qui, sur des milliers de pages, appliquaient une méthode pointue, mais détachée de la vie, détachée de l’humain dont il était question.  Il y a du Evelyn Reed[3], du Marija Gimbutas[4], du Marylène Patou-Mathis[5], du Olivia Gazalé[6], ou même du Marshall Sahlins[7] (et d’autres que j’oublie) dans ce travail : une recherche sérieuse, une approche sensible, un vivifiant travail.

A lire cet ouvrage nous comprenons qu’être « féministe » est bien autre chose que dupliquer avec application les manières des « hommes », que c’est une autre façon de percevoir le monde, les relations humaines et le rapport avec la nature, la vie, la mort, le cosmos… C’est une autre histoire que celle du pouvoir et de la domination comme le conforte l’archéologie des sites les plus anciens, sans traces de violence ou de guerre[8].

Un jour de ma jeunesse un homme me disait : « Ha ! si on vous a pris le pouvoir c’est que vous avez dû faire bien des saloperies ! ». Vision patriarcale tellement intégrée qu’elle ne laisse aucun autre possible : le travail est ardu pour l’extirper de la chair où elle s’est imprégnée…

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Nous qui avons toujours besoin de preuves, qui croyons que « c’est possible si l’humain l’a déjà fait », n’osant imaginer la créativité dont nous sommes pourtant capables, avons ici la preuve que d’autres archétypes ont fait danser le monde bien plus longtemps que durant les derniers 4000 ans. Oui il s’est bien passé quelque chose, un jour : le goût du pouvoir, la joie de la guerre et la peur de la mort ont remplacé la célébration de la vie[9].

Un seul regret : l’Europe n’est pas traitée, et pour cause, l’auteure s’en explique, les matriarcats européens furent trop tôt et trop profondément modifiés pour en trouver des traces encore prégnantes. Cependant, à parcourir le monde et ses foyers de Mères, en croisant, comparant avec tout ce que nous savons de nos mythes anciens, de quelques us et coutumes accrochés à la mémoire orale, et pour les citer, car elles me sont chères, les anciennes lois de l’Irlande[10], nous pouvons peu à peu remonter aux traces matriarches de nos ancêtres. Ces traces que je m’acharne à trouver sur Mater natale…

 

[1] J’utilise plutôt le terme matristique pour le différencier du sens de pouvoir pyramidal issu du patriarcat. L’auteur utilise matriarcat dans son éthymologie Arkhè , début fondement et non pouvoir. : « mère depuis le début » , fondement par la mère.

[2] Heide Göettner-Abendroth, Les sociétés matriarcales, Des Femmes, 2019, P. 12.

[3] Evelyn Reed, Féminisme et anthropologie, Denoël/Gonthier.

[4] Marija Gimbutas, Le Langage de la déesse, Des Femmes.

[5] Marylène Patou-Mathis, Préhistoire de la violence et de la guerre, Odile Jacob.

[6] Olivia Gazalé, Le mythe de la virilité, Robert Lafont.

[7] Marshall Sahlins, Âge de pierre, âge d’abondance, Folio.

[8] Gobekli Tepe, Catal Yuhuk, Caral…

[9] Hans Peter Duerr, Sedna oder Die Liebe zum Leben (Sedna ou l’amour de la vie).

[10] Où soulever la jupe d’une femme sans son consentement était passible d’amende.

 

‘(Photos : Géo et Le journal d’Abricot)

Figures symboliques du Féminin et du Masculin

Vient de paraître aux éditions du Cygne :

Les figures symboliques du Féminin et du Masculin (de la préhistoire à la mythologie)

Des scènes pariétales de la vieille Europe aux cités-mères, de Catal Hüyük aux temples de Göbekli Tepe, des mégalithes de Malte à celles de Stonehenge, puis des mythes du Japon à ceux de la Mongolie, de ceux de l’Egypte à la Scandinavie, de la Grèce aux Amériques, de Sumer à l’Irlande, l’auteure nous propose un voyage dans la symbolique des figures du Féminin et du Masculin. Elle nous permet de suivre un changement de paradigme. Elle nous révèle le glissement des sociétés matristiques aux dictas du patriarcat et les perceptions du monde qui en découlent par les substrats psychiques que nous développons.

D’une Grande Déesse des origines, le féminin chute jusqu’à devenir Parèdre, Mère, Sorcière, Oiseau de malheur. De l’Homme Vert, Sorcier, Fils Taureau, Fils Amant, Dieu Lune, le masculin s’enlise dans les ornières d’un sacrifice sanglant et cruel.

Ce que nous dit ce fil de l’histoire c’est que même gravées dans la pierre, les croyances ne sont pas immuables et nous avons notre propre responsabilité dans la manière dont nous les agissons.

couv recto

Ce livre n’a pas seulement le mérite de mettre au jour les premiers récits mythologiques de l’humanité, il possède également une  forte dimension politique et émancipatrice.

Olivia Gazalé

 

Table des matières et contenus :

La préhistoire
.      Des traces dans la terre
.      La violence innée ou acquise ?
Le Féminin
.      Le sang des femmes
.      Le matristique
La Grande Déesse
.      Le serpent
.      Les Vénus
.      Visible et incarnée (Aataensic, Hurons…)
.      L’ombre de la Déesse
Le Masculin
.      L’Homme-Vert (Cernunos, Celtes …)
.      Le Fils-Taureau
.      Le Dieu-Lune
.      Les Fils-Amants
Hiérogamos, l’union sacrée (Eros et Psyché, Grèce)
Des héritières mythologiques
.      Brigid (Irlande)
.      Boan (Irlande)
.      Artémis (Grèce)
.      Neith (Egypte)
.      Isis et Hathor (Egypte)
L’arrivée des Indo-Iraniens.
.      La distorsion du mythe
.      Le viol de la Déesse
.      Ninhursag et Enki (Sumer)
La mauvaise chute de la Déesse
.      Blodeuwedd (Pays de Galles)
.      La chute de la femme
.      La blessure (Amaterasu, Japon)
Les Déesses qui chutent
.      kam-àmàgàn (Mongolie)
.      So-At-Sa-Ki (Pikumi)
.      Inanna, Ishtar (Sumer, Akkadie)
.      Déméter, Koré (Grèce)
.      Sophia (Grèce)
.      Mélusine (Europe)
.      Les sirènes
Méchante
Le Fils du Père
.      Odin (Scandinave)
.      Lleu (Pays de Galles)
.      Le Christ
Métanoïa
La beauté de la Déesse