A paraître : La Morrigane !

Ca fait tellement d’années que j’ai à l’étude dans mes tiroirs cette Grande Reine. Enfin voilà le travail est terminé et le résultat sera prêt d’ici 15 jours.


Réduite à tort dans l’imaginaire populaire à une simple figure macabre ou à une furie sanguinaire, La Morrigane dépasse infiniment le cadre de la guerre et de la mort. Elle est la terre qui exige le sang pour mieux renouveler sa fertilité, la gardienne du seuil, mais aussi l’ombre matricielle d’où jaillit la vie.

Des sombres cavernes de la Préhistoire aux rives embrumées des cours d’eau irlandais, cet ouvrage propose de partir sur les traces de la « Grande Reine ». À travers l’étude des manuscrits médiévaux (le Lebor Gabála Érenn, le Cath Maige Tuired, le Táin Bó Cúailnge), l’exploration de ses sanctuaires sacrés, de la grotte d’Oweynagat au cairn de Knocknarea, et le décryptage de ses métamorphoses, plongez au cœur de l’une des figures les plus fascinantes du panthéon celtique.

Loin des dogmes et des représentations figées, ce livre invite à un voyage intérieur. En affrontant ses propres ombres et en écoutant la voix oraculaire de la déesse, il s’agit d’apprendre à franchir ses gués intérieurs pour réclamer, enfin, sa propre souveraineté.

Les mythes revisités

De nombreuses légendes font référence à la faute ou à la transgression d’un tabou par le Féminin. C’est le cas de Pandore qui, passant outre l’interdiction d’ouvrir une boîte, en laisse échapper toutes les misères du monde. C’est aussi très souvent le cas lors de la création mythologique des rivières en Irlande.

La rivière Shannon (Abhainn na Sionainne)

 La déesse Sionnan cherchait à acquérir la sagesse. Pour cela, elle s’était rendue auprès du puits de Connla , une source sacrée située dans l’Autre Monde. Autour de ce puits poussaient neuf coudriers magiques. Leurs noisettes, chargées de tout le savoir du monde, tombaient dans l’eau et y étaient mangées par les saumons de la sagesse. Seuls certains dieux avaient le droit d’approcher la source. En cherchant à attraper un saumon ou en perturbant les eaux sacrées pour en capturer la magie, Sionnan avait enfreint le tabou (geis). Furieux de cet sacrilège, le puits est entré en éruption. Une gigantesque vague d’eau s’est soulevée, engloutissant la jeune femme et l’entraînant vers l’océan. C’est le cours d’eau formé par cette inondation soudaine qui est devenu immortalisant le nom de Sionnan.

La rivière Erne (Abhainn Éirne)

Éirne était la dame d’honneur de la reine Maeve. Gardienne d’un puits sacré dans le comté de Cavan, elle s’approcha de la source. L’eau se mit à jaillir sans s’arrêter, emportant Éirne ainsi que ses servantes, et formant à la fois la rivière Erne et les grands lacs du Lough Erne.

Le fleuve Barrow (An Bhearú)

Dian Cecht, le dieu de la médecine des Tuatha Dé Danann, découvrit que le fils de la Morrígan avait trois serpents gravés sur le cœur, capables de détruire toute l’Irlande s’ils venaient à grandir. Dian Cecht tua le prince, extirpa les serpents de son cœur et les brûla. Il jeta ensuite leurs cendres dans la rivière la plus proche : l’eau entra immédiatement en ébullition, créant ainsi le cours d’eau furieux de la Barrow.

La femme y apparaît systématiquement comme pécheresse. Si, en fin de compte, elle engendre une création, c’est à travers la faute. Nous retrouvons là un schéma bien connu : celui d’Ève.

Pourtant, un mythe particulier interroge. Dans le récit d’Étaín et Midir, lorsque la déesse se retrouve enfermée dans la maison de verre d’Óengus, elle peut profiter du magnifique paysage à travers trois fenêtres, mais il lui est interdit de sortir de sa prison dorée et d’ouvrir la quatrième fenêtre. Étaín brave l’interdit. Une faute, penserions-nous, façonnés par une tradition qui conçoit le féminin comme intrinsèquement fautif. Or, la suite du mythe révèle tout autre chose : c’est précisément grâce à cette transgression que la déesse entame son périple, sa quête et sa métamorphose, pour finir en apothéose lors de ses épousailles avec Midir.

Et si nous devions lire ces mythes « autrement » ? Et s’il fallait en ôter le vernis posé par les copistes chrétiens ?

Le christianisme est arrivé en Irlande au Ve siècle. Les légendes et les mythes, très antérieurs, ont été retranscrits entre le VIIe  et le XIe siècle par des moines pour qui le féminin représentait déjà une source de troubles diaboliques. Le mythe perd de sa cohérence s’il est amputé de son dénouement, la création d’une rivière, par exemple ; il fallait donc conserver cette issue. Mais en ce qui concerne la femme, l’histoire doit être différente. À cette époque, la nature tout entière était désormais l’œuvre d’un dieu unique et masculin : les femmes sacrées du mythe ont ainsi été converties en pécheresses.

Boan et la rivière Boyne

Bóann était l’épouse du roi Elcmar. Nechtan veillait sur le puits de Segais, une source cachée dans l’Autre Monde et entourée de coudriers magiques dont les noisettes de sagesse tombaient dans l’eau. Seuls Nechtan et ses trois échansons avaient le droit d’approcher la source divine. Il était strictement interdit à quiconque, et en particulier aux femmes, de s’en approcher.

Pour se laver de son péché d’adultère, Bóann brava l’interdit. Elle s’en approcha et accomplit un rite de purification, effectuant trois tours du puits. Trois vagues géantes jaillirent de la source, mutilant Bóann (lui arrachant un œil, un bras et une jambe). Déchaînée, la marée engloutit la déesse et s’engouffra à travers les terres vers la mer d’Irlande, formant le lit de la rivière Boyne.

Les mythes très archaïques ne présentent aucune femme « pécheresse ». Le meilleur exemple reste celui de la Cailleach, qui façonne le monde par sa propre volonté, ses travaux et ses actions, au pire ses maladresses.

La rivière Lee (An Laoi) et le Lough Gur

La Cailleach transportait des rochers et des coupes d’eau sacrée. Lorsqu’elle trébuchait ou laissait tomber son récipient, une source intarissable jaillissait à l’endroit précis de sa chute, engloutissant la vallée sous les eaux et donnant naissance à une rivière.

Pas de péché, pas de morale, pas de punition, pas de culpabilité.

Comme l’ouverture de la fenêtre par Étaín trace le chemin de sa métamorphose, l’ouverture de la boîte par Pandore nous permettait-elle de prendre conscience des calamités du monde pour mieux les affronter ? Et si Bóann, en choisissant Le Dagda, « le bon père » pour engendrer son fils Óengus plutôt que son époux peu avenant, ne commettait pas une faute, mais choisissait avec justesse ? Si tous ces actes de choix et de création avaient été, à l’origine, tout sauf une transgression ou un péché ?

Ce basculement de lecture s’opère aisément : il suffit de retirer toute notion de « péché » et de « punition », valeurs fortement marquées par la morale chrétienne du Moyen Âge, pour retrouver une lecture plus fluide et restituer au mythe sa profondeur archaïque.

Peut-être alors n’aurions-nous plus, nous femmes, ce malaise sous-jacent de toujours nous lire fautives dans les histoires fondatrices ? Peut-être aurions-nous plus facilement accès à d’autres mythes souvent relégués dans l’oubli, où des déesses sont démiurges, justes et bienveillantes.

Mon nouvel ouvrage : Sheela na Gig

Sculptées dans le silence du Moyen Âge, les Sheela na Gig dérangent autant qu’elles fascinent. Que signifient ces vieilles femmes exhibant leur intimité ?
Loin des récits chevaleresques où le saint héroïque terrasse le dragon, la Sheela na Gig n’utilise ni l’épée ni la croix : elle oppose au monde la puissance brute de la matrice originelle. Entre la souveraineté de la Cailleach et la fertilité de Brigid, ces figures incarnent le fil ininterrompu d’une mémoire celte que ni l’acculturation romaine ni la colonisation spirituelle n’ont pu totalement effacer.
Cet essai questionne la trajectoire de ces pierres sacrées du XIIᵉ au XVIᵉ siècle. De leur tolérance romane à leur censure, découvrez l’histoire fascinante d’un symbole universel où la sève du vivant tire sa force du substrat païen.

Femmes Celtes !

Nouvelle édition de mes travaux sur Femmes Celtes, en 2 tomes.

Sommaire du Tome 1
Sommaire Tome 2

Saviez-vous que bien avant le Code civil ou le droit romain, les femmes celtes possédaient leurs propres terres et ordonnaient le sacré ?

Dans le Tome 1 : Les temps de l’égalité, je vous emmène dans une quête de sens à travers les racines étouffées de notre civilisation.

On a souvent pensé l’histoire des femmes comme une marche lente et linéaire vers l’émancipation. Et si la réalité était inverse ? Et si nous avions d’abord perdu une égalité autrefois naturelle ?

Du pouvoir du verbe des prophétesses jusqu’aux druidesses contemporaines, ce premier volume lève le voile sur la souveraineté féminine celte et sa résistance face aux dogmes du passé.


Derrière les fées de nos contes et les saintes de nos calendriers se cachent les divinités d’un monde oublié…

Dans le Tome 2 : Le souffle des déesses, nous franchissons la porte de l’imaginaire sacré celte.

Comment la puissante Morrigan, maîtresse des métamorphoses, a-t-elle inspiré la fée Morgane ou la Banshee ?

Comment Brigid, déesse de la forge et du Verbe, est-elle devenue sainte Brigitte ?

Quel secret renferme le destin de Mélusine ou le chaudron de Cerridwen ?

À travers l’eau des puits sacrés, le tissage et les symboles de régénération, ce livre raconte comment le patriarcat a tenté de dompter ces forces sauvages… et comment leur souffle a malgré tout traversé les âges.


Tome 1 lien …

Tome 2 lien …

Première Mère et Tailtiu : L’origine sacrée des récoltes chez les Abénaquis et en Irlande

Bien que le cycle de Kloskurbeh (aussi appelé Glooscap ou Gluskabe selon les langues) trouve ses racines il y a plus de 10 000 ans — certaines de ses aventures faisant écho à la mégafaune disparue ou aux bouleversements géologiques de la fin de l’ère glaciaire — sa narration intègre de façon magistrale l’avènement de l’agriculture. Le mythe raconte comment Première Mère, née de l’union de la rosée et du soleil, apparut au premier instructeur des Abénaquis pour sauver son peuple de la famine. Voyant ses enfants dépérir, elle demanda à être sacrifiée et traînée sur une terre défrichée afin de transmuer sa propre chair en substance vitale. Kloskurbeh, exécutant ses volontés le cœur lourd, vit alors le sol se métamorphoser : là où les cheveux de la mère avaient effleuré la terre, de hautes tiges de maïs aux soies dorées jaillirent, tandis que le tabac germait de ses ossements pour porter les prières vers le Ciel. Par cet acte sacré, Première Mère ne quitta jamais réellement les siens, choisissant de se manifester éternellement à travers les récoltes pour nourrir physiquement et spirituellement chaque génération future.

Cette légende, qui circula exclusivement de manière orale durant des millénaires, fut consignée pour la première fois en 1893 par Joseph Nicolar, de la nation Penobscot (membre de la confédération Wabanaki), dans son ouvrage The Life and Traditions of the Red Man.

Par-delà les océans, un écho spirituel singulier relie les forêts de la Nouvelle-Angleterre aux collines verdoyantes de l’Europe celte. Malgré la distance géographique et les contextes culturels distincts, la structure symbolique du don nourricier demeure identique. En Irlande, on retrouve cette même figure de la mère primordiale dont le trépas féconde la terre.

Consigné principalement dans le Lebor Gabála Érenn (Le Livre des Conquêtes de l’Irlande) rédigé au XIe siècle, le mythe de Tailtiu raconte l’histoire d’une figure de transition, une reine des Fir Bolg dont l’abnégation a façonné le paysage physique et spirituel de l’île. Fille du roi d’Espagne et épouse du souverain Eochaid mac Eirc, elle entreprit la tâche titanesque de défricher la dense forêt de Breg. Par sa seule force et sa volonté, elle transforma en une saison des terres sauvages en plaines fertiles prêtes pour les semailles, symbolisant ainsi le passage de la nature indomptée à la civilisation agricole. Cependant, cet effort surhumain brisa sa santé, et alors qu’elle dépérissait, elle confia l’avenir de ces terres à son fils adoptif, le dieu solaire Lugh Lamfada. Tel que détaillé dans les poèmes du Dindsenchas (La Lore des Lieux) conservés dans le Livre de Leinster du XIIe siècle, Tailtiu demanda que des jeux funéraires soient organisés sur sa sépulture pour célébrer son labeur, instaurant ainsi la fête de Lughnasadh.

En comparant les récits de Première Mère et de Tailtiu, on découvre une résonance frappante : celle de la figure nourricière qui choisit de transposer sa force vitale dans le sol pour assurer la pérennité de sa lignée. Que ce soit à travers le corps de Première Mère devenant maïs ou l’énergie de Tailtiu se cristallisant dans les plaines d’Irlande, ces deux mythes illustrent une vérité anthropologique profonde : l’agriculture n’y est pas vue comme une simple technique, mais comme une extension de l’amour de la terre mère. La figure féminine ne disparaît pas ; elle change de forme pour devenir le paysage et la nourriture, liant ainsi indissociablement les peuples à la terre qui les porte.

Des migrations réelles et mythologiques en Irlande

De la colonisation de l’Europe par les Yamnayas et leurs descendants, la France ne parle que du bout des lèvres (Peut-être que ….) En Irlande, ce curseur n’est pas encore intégré dans leur dessin de la préhistoire. Et c’est très difficile dans la mesure où les mythes celtiques irlandais sont mis en scène dans les sites mégalithiques, les divinités celtiques évoluent sur les sites mégalithiques ; nous avons tendance à les amalgamer.  Or il ne s’agit pas du tout de la même époque. Les Celtes n’ont pas construit les mégalithes.

Cependant cela nous donne beaucoup d’indications sur la manière dont l’Horizon Yamnaya[1] s’est installé en Irlande : se rattachant à de très nombreux concepts antérieurs. Nous le voyons très clairement dans les mythes et dans le système de société (autonomie des femmes, religieux)

Les traces mégalithiques sont nombreuses en Irlande et la tradition celte en a intégré de nombreux concepts.

 Ce que l’Irlande a « gagné » de l’Horizon Yamnaya c’est la guerre, le culte du héros guerrier et le tripartisme. Le reste est à rattacher aux cultures antérieures.

(migration 1, l’arrivée des agriculteurs)
Lors de mon dernier voyage en Irlande je visitais l’Heritage Park. Il était bien expliqué que des peuples étaient arrivés par bateaux, emmenant avec eux les cochons, chèvres, moutons, chevaux, chiens….

J’imaginais donc des embarcations, qui ne ressemblaient certainement pas à celles que nous connaissons, porteuses de toute cette faune et de tout un ensemble d’humains, femmes et enfants compris. Ce devait être impressionnant de les voir débarquer. Nous référant aux travaux de Françoise Gange ne pouvons-nous y voir la symbolique de l’Arche de Noé, réalité historique (fuite devant les Yamnayas ?) transférée sur le mode mythologique, avec torsion et christianisation du mythe d’origine ?

Les migrations, l’Irlande les connait, bien, très bien et les mythes en sont un écho fidèle.
En particulier il est un moment question de l’arrivée de peuples venus d’Espagne. Or l’archéologie et l’ADN nous parle de migrations venues d’Ibérie, il y a quelques milliers d’années.
(migration 2, arrivée de l’Horizon Yamnaya).
Kristian Kristiansen nous en parle :

Images conférence Kristian Kristiansen

Ce que nous appelons la culture Campaniforme a pour origine l’Horizon Yamnaya ! Il faut donc lui accorder, en plus de ses pots, la guerre, les chefs de guerre, l’androcratie etc. Kristian Kristiansen nous explique que les peuples du Campaniforme ont migré le long de la coté Atlantique vers le Nord-Ouest de l’Europe. Que dans les terres ils se sont trouvés nez à nez avec ceux de la culture des Céramiques cordées (issue aussi de l’Horizon Yamnaya). Ils ont pris la mer vers les îles…. Ils venaient bien d’Ibérie….emportant avec eux la culture belliqueuse et guerrière des Yamnayas.

Les Celtes seraient un mélange de « Yamnayas » ayant largement intégré les anciennes cultures néolithiques mégalithiques….. A suivre ….


[1] Haarmann donne à la culture Yamnaya le nom d’Horizon car il ne s’agissait pas d’un seul peuple mais d’une communauté d’idées, de culture commune, guerrière, androcentrée, patriarcale.

A New Grange il n’y a pas que New Grange

Nous avons la fâcheuse habitude de citer 1 nom et de visiter 1 site et lorsque nous le visitons gardons notre attention sur l’exploit de construction, la beauté, le mystère. Une grande partie d’entre nous tente aussi de porter attention à ce que nous ressentons. Le site de Brú na Bóinne nous démontre que ce n’est pas la bonne lecture. 

Lorsque nous visitons un site, nous devrions « regarder » avec attention, le « où » et l’ensemble du « où ». 

Quand je débarquais à Carrowmore ou bien à Loughcrew en Irlande, les constructions m’ont semblées puissantes, magnifiques, incroyables, mystérieuses. Cependant c’est lorsque je pris conscience du « où », de l’autour et de l’environnement que je me suis sentie embarquée dans un autre monde, une autre dimension, un autre système de pensée. Assise près de Listoghil (Tombe 51), je remarquais le U formé par les montagnes environnantes, le cocon dans lequel se trouvait les tombes. Et surtout, je me sentais veillée de tout son regard par Maeve, placée plus haut, au-dessus, surplombant tout à Knocknarea. Par évidence les peuples de la Déesse savaient ce qu’ils faisaient en faisant là, en choisissant l’angle et l’orientation, toujours en phase avec le soleil.

A Loughcrew c’est tout aussi marquant. L’enfilade de sites sur plusieurs sommets, ne peut se saisir si l’on se contente de ne voir que le Cairn T, maison de la Cailleach  sise en haut, encore, toujours, trônant sur sa chaise et regardant l’horizon.

Il en est de même du côté de la Vallée du Brú na Bóinne. Nous ne parlons que de New Grange et lorsque nous avons la chance de le visiter, de sa grandeur et de sa beauté. C’est un fait, c’est beau, c’est grand, c’est mystérieux.

Cependant, nous le comprendrons bien différemment si nous regardons le « où », si nous regardons l’environnement dans ce « où ».  

Brú na Bóinne s’appelle aussi Bealach Bo Fionn, maison des fées de la rivière de la déesse vache blanche, demeures des divinités principales de la mythologie irlandaise, l’endroit où elles se manifestent. Le nom signifie littéralement « La maison des esprits ».

New Grange est connu pour être la demeure du dieu soleil, le Jeune Oengus, mais le lieu dans son ensemble est d’abord lié à la déesse Bo, Boan, composé de 3 cairns et non des moindres :  Newgrange, Knowth et Dowth.

  • New Grange est donc la célèbre Bru Meic in Oc, la maison du jeune dieu soleil (80 m de diamètre)
  • Knowth est Cnocha ou Cnocbo dédié à la déesse Bo (90 m de diamètre)
  • Dowth est Dubhad la maison de l’obscurité (85 m de diamètre).

Regardé dans son ensemble le lieu nous livre 3 monticules reliés à la naissance, la vie et la mort.

New Grange représente la renaissance du soleil à l’aube et nous savons comme il pénètre ses profondeurs au moment du lever du soleil au solstice d’hiver. Knowth de son côté est aligné sur les équinoxes, ce qui fait dire à Frank Roberts « un alignement du soleil au mi-point de sa course » et Dowth est aligné au soleil couchant du solstice.

C’est en prenant conscience de cet ensemble que nous pouvons rencontrer la pensée préhistorique des constructeurs de mégalithes. C’est à ce point là de regard que nous pouvons commencer à approcher leur conception du monde et de la vie, tournée et orientée vers cette osmose entre l’espace cosmique et l’humanité. Il ne s’agit pas ici d’un culte à une divinité suprême nous exhortant à la puissance ou à la soumission, un maitre de guerre ou un juge. Il ne s’agit même pas du seul culte au soleil, à la lumière, il n’y a pas que le « fils », que l’homme, mais une tentative d’alignement sur les mouvances cycliques du Cosmos, avec l’humain à la jonction, naissant, vivant puis mort, retournant dans les sombres mystères de Sa Mère Première.  

Célébrer Beltaine en Irlande

Tara feu de BeltaineVoyage en Irlande mythique et spirituelle : célébrer les feux de Beltaine sur le site mythique de Uisneach, arpenter les sentiers de Tara, entrer dans le ventre de New Grange.... Appréhender par la présence et le regard ces sites vieux de milliers d’années. Ecouter l’écho de ce paysage en Soi. Explorer les mythes et les archétypes qui s’y rattachent… Je serai l’accompagnatrice de ces voyages extérieurs et intérieurs du 9 au 11 mai 2020. Je m’en réjouie d’avance.

 

Détails du programme et réservations sur le site Anima Mundi