Vous pouvez trouver l’ouvrage d’Erik Rodenborg « Autour de Marija » en suivant le lien ci-dessous.
Une étude de plus de 200 pages, analysant les thèses des détracteurs et des partisans de Marija Gimbutas. Un long travail de recherche. Une passionnante épopée. Que nous révèle l’archéologie, l’histoire, la symbolique des peuples anciens, à travers leurs Vénus, leurs figurines de femmes, leurs temples, les mégalithes… ? Cet ouvrage vous propose des réponses et vous permet des questions, dévoile un monde autre, une perception et une conception autre du monde, le monde de nos ancêtres.
Contre le développement personnel, Thierry Jobard

Je me jetais sur cet ouvrage sans trop savoir qu’y trouver : une charge agressive contre toutes les pratiques modernes du « DP », une attaque en règle de certaines des pratiques qui sont les miennes ? Intéressant ! Ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça. Phrase après phrase j’ai dit « oui », « ha mais oui ! », « c’est pas faux », « en effet », « ha c’est intéressant », « pourquoi pas », « bon là c’est un peu extrême ou caricatural mais…»… je l’ai lu d’une seule traite, c’est dire si je fus captivée.
Je pouvais suivre le chemin mental de l’auteur, la fluidité de sa pensée. Trop souvent les écrits rabâchent inlassablement la même idée, ici ça « coule comme de l’eau ». « Quel joli cerveau » ai-je pensé. Le fond n’est pas en reste. Il ne s’agit pas ici d’une accusation sans fondement de pratiquants ciblés du DP, mais une tentative de lecture du « phénomène » étayée et argumentée et c’est un point de vue que nous ne devrions pas occulter. J’ai bien observé ces injonctions au « développement personnel » ces « tu dois, il faut », ces paradigmes certifiant le bonheur « personnel » qui ressemblent bien trop à de nouveaux dogmes.
Moi, dont l’activité principale consiste à accompagner, je rejoins assez souvent l’auteur : je tiens compte de l’inconscient qui n’est pas à la botte de mon bon vouloir, je pense que « ça pense donc je suis ». Les choses ne sont pas « si » simples que de vouloir, ni si complètement saisissables, maitrisables.
Ce livre casse un peu la baraque. Oui-da. Mais il possède avant tout un très grand avantage, celui de contrebalancer, équilibrer nos tendances unilatérales, nos certitudes, nos croyances trop ancrées, extrêmes, extrémistes. Il possède un effet thérapeutique si j’ose dire, ouvre un possible « réfléchir par soi-même » (sic) et surtout nous rappelle que nous héritons d’une histoire, d’une pensée collective, d’un contexte. Il nous remet les pieds sur terre, nous ramène au concret, au vécu. Il nous décrit faisant partie d’un « système » tel qu’il pourrait être décrit par Bateson. Bref il nous rappelle que dans l’espace-temps nous ne sommes pas seuls, pour le meilleur et pour le pire : un développement inter personnel.
Psychosynthèse
Tous les explorateurs de l’âme parlent de cette tendance, ce désir, de la psyché, à la synthèse, lui donnant différents noms, comme par exemple l’individuation. Assagioli l’a appelée la Psychosynthèse.
Matriarcat Enquête sur un mythe

Lorsque j’étais enfant, mon père me disait que si les hommes avaient le pouvoir c’est parce que les femmes l’avaient eu et qu’elles avaient dû faire quelque chose de terrible pour que ce pouvoir leur fut retiré (par les hommes). Derrière la phrase se pavanait l’idée grandguignolesque de la femme pécheresse, la source de tous nos maux. J’y entendais les mêmes inepties que celles que j’avais vues dans le regard horrifié du curé lorsque proposant de surseoir à l’absence d’enfant de chœur, je me proposais « Dieu ! ce n’est pas possible, tu es une fille ». J’aurai été le diable en personne il ne m’aurait pas regardé différemment.
Voilà le souvenir que soulevait en moi la lecture de cet article ! Une drôle d’odeur !
Soit, ils sont encore nombreux les détracteurs des thèses matriarcales matristiques, gylaniques… Mais ils sont, aujourd’hui, très nombreux aussi les adeptes, et non des moindres, même Renfew ose reconnaitre ses erreurs.
Oui certains détails sont à prendre en compte. L’égalité semble consister, pour nous, à devenir tous et toutes « des hommes » (des hommes du patriarcat !), à se comporter comme eux (ou comme ils veulent) et nous nous glorifions lorsque nous découvrons que les femmes chassaient le gros gibier, comme les hommes, ou quelles pouvaient être enterrées avec des armes de guerre, guerrière, comme les hommes. Il y a peut-être une autre réflexion à mener ; l’égalité ne consiste pas forcément à tou.te.s pouvoir se comporter « en homme ». Le problème ne se trouve pas là, mais dans la valeur que l’on porte aux fonctions. Quelle valeur apporte-t-on à la fonction naturelle de porter un enfant et de le mettre au monde ? Si les femmes peuvent aller chasser le gros gibier, les hommes peuvent tisser mais pas accoucher. L’égalité des hommes ne viendrait pas d’une possibilité d’accoucher, l’égalité se trouve dans la valeur que l’on accorde à ce que chacun fait. Il est difficile de ne pas voir la grande valeur accordée aux capacités féminines de faire des enfants, de nourrir, de « faire fleurir », à travers les « maigres » artefacts que nous avons. Que les « Vénus » soient des déesses ou pas semble un sujet sans réponse possible (quoique ! ), mais qu’elles dénotent une importance majeure accordée au féminin ressemble à s’y méprendre à « un fait ».
Bien sûr, à la suite de Fleming, l’auteur aurait pu avancer, que les « Vénus » ne sont que des représentations pornographiques. Mellaart de répondre que « Les statuettes insistent sur les seins, l’estomac, le nombril, sur l’abondance de la chair, et donc sur la capacité de procréer, de soutenir et de nourrir la vie, mais pas sur le simple fait de la reproduction sexuelle. » et donc de la fornication.
Il suffit pour s’en convaincre de regarder nos nombreuses représentations pornographiques qui n’ont rien à voir avec l’application portée aux Vénus. Elles sont généralement si petites justement (grandeur entre 3 et 11 cm) qu’il fallait une volonté, une sorte de dévotion profonde, pour graver sans les outils modernes et l’IA !
Pour réfuter le caractère religieux des statuettes féminines, l’auteur rajoute que :
« Rien n’indique que les statuettes féminines, souvent de taille fort modeste et réalisées dans des matières banales, représentent une ou plusieurs “déesses” ».
Ici Ucko peut appuyer ce point de vue quand il écrit par exemple au sujet des statuettes en argile que « L’utilisation prédominante de l’argile montre que le coût et la valeur n’ont pas une valeur particulière dans ces représentations. »
Rodenborg nous donne une réponse plus pertinente, remettant en question, encore une fois le sens des valeurs :
« Il est rare de rencontrer une polémique plus absurde que celle d’Ucko.[…] Que l’argile soit un matériau trop bon marché pour faire des images de dieux est une affirmation ethnocentrique ; nous ne savons pas si les paysans néolithiques partageaient les valeurs d’Ucko (bourgeois) entre “précieux” et “précieux”. »
Il va de soi que nous pouvons transférer ces analyses sur les « matières » que « nous » jugeons banales sans savoir ce que banal voulait dire dans la psyché préhistorique.
L’article semble vouloir nous démontrer que de tout temps les hommes ont été supérieurs aux femmes. Il tente de nous convaincre que le matristique est une invention et de manière paradoxale l’auteur nous explique que :
« Un autre indice est fourni par l’étude des mythes. Chez de très nombreux peuples, ils font en effet état d’une période initiale marquée par une inversion des rôles entre hommes et femmes, et donc d’une domination féminine, parfois féroce. Invariablement ces mythes expliquent comment une telle situation a pris fin, et comment s’est instaurée la domination des hommes. Loin de plaider pour un retour à l’état antérieur, tous légitiment au contraire l’ordre existant »
Oui, absolument, les mythes font preuve d’un moment charnière de renversement et de très grande violence (par les hommes – tueries, rapts, viols) mise en œuvre pour ce faire. Mais je demande à lire les mythes où se trouve exposée cette férocité des femmes à l’encontre des hommes (mis à part les Amazones, dans un contexte patriarcal il faut le rappeler). Et oui absolument les mythes tardifs nous indiquent que tout est très bien comme ça et que la femme est une ordure à maitriser sous peine de calamité. N’oublions pas que les mythes sont aussi des outils puissants de propagande et de manipulation. Ils indiquent une orientation psychique. Sans cette prise de distance, sans une vision globale nous allons croire encore que pour être une » bonne fille » nous devons rester vierge jusqu’au mariage et ce serait bien de concevoir par l’opération du Saint Esprit. Nous continuerons à croire que chaque homme doit être crucifié ou tout au moins serve de chair à canon.
Tout cela pourrait être de la recherche, des hypothèses, des pistes de réflexion à partager, dans la joie de découvrir notre passé, pour mieux construire notre futur, si cela ne se terminait pas sur une invitation à ne pas penser, ne pas réfléchir, ne pas se poser au moins la question, mais au contraire légitimise l’ordre existant. Nous sommes avec cette phrase, (« Loin de plaider pour un retour à l’état antérieur, tous légitiment au contraire l’ordre existant ») en pleine pensée patriarcale qui ne veut pas laisser sa place (Un vieux Senex – comme dans les mythes). Surtout, surtout ne pas ouvrir la boîte, ne pas ouvrir la fenêtre, ne pas ouvrir la porte du placard, ne pas voir les cadavres qui sont cachés derrière.

Airmed et Aphrodite
Sur ma chaîne Youtube ! Airmed la déesse celte de la « bonne mesure » et Aphrodite, déesse de l’amour et de la beauté, mais quel amour et quelle beauté ?
Méduse, la guérison du trauma
A force de sublimer toutes les figures mythiques nous ne savons plus lire la réalité reflétée dans leurs sagas. Méduse en est un bon exemple. La réalité de son calvaire pourrait tant nous méduser que nous préférons y lire d’autres fantasmagories. Le trauma existe de tout temps, mais celui-là est particulièrement violent et induit par une volonté de dominance. Pourtant, au-delà de ses traumatismes, le schème du mythe nous donne des clés précises pour redonner à cette étrange Dame, la forme de son origine : une belle jeune fille.
Lien vers la capsule de Méduse
Invocation à la Déesse Ishtar
La plus ancienne invocation à la Déesse qui nous soit parvenue. En ancien sumérien.
Interview Marija Gimbutas
Le texte original de cet interview se trouvait sur
http://www.levity.com/mavericks/gimbut.htm
Marija Gimbutas est en grande partie responsable du nouvel intérêt pour les religions orientées vers le culte de la Déesse. Ses découvertes étaient à la base du livre fort influent de Riane Eisler « le Calice et l’épée » (que nous avons interviewé dans notre premier volume). Pendant quinze années, Marija a été impliquée dans des fouilles en Europe du sud-est et méditerranéenne, qui ont dévoilé l’existence d’une culture préhistorique de la Déesse. Pendant au moins 25. 000 ans cette civilisation paisible a apparemment pratiqué l’égalité des droits complète entre les sexes — socialement, politiquement, et religieusement. Riane Eisler a précisé, les pleines implications de cette découverte pour qu’elle soit entièrement acceptée par la communauté scientifique, ou par la société dans son ensemble.
Née en Lithuanie à un moment où 50 pour cent de la population étaient encore païenne, Gimbutas s’est sauvée en Autriche en raison de la guerre. A Vilnius, en Lithuanie, et plus tard à Vienne, à Innsbruck, et Tubingen, elle a étudié la linguistique, l’archéologie, et les cultures indo-européennes, obtenant son doctorat à Tubingen, en Allemagne en 1946. En 1950, en tant qu’experte en matière d’archéologie européenne orientale, elle est devenue chercheure à Harvard, où elle est restée pendant douze années. En 1963 elle est venue à l’UCLA, où elle a servi de professeur honoraire d’archéologie européenne pendant de nombreuses années. Elle est l’auteure de plus de vingt livres, y compris des travaux bien connus tels que « le language de la déesse », « la civilisation de la déesse », et des « déesses et des dieux de la vieille Europe ».
Nous avons interviewé Marija dans sa belle maison de montagne — qui regorge de figurines de déesses aux seins opulents et aux larges hanches et d’autres objets archéologiques façonnés – dans les Gorges de Topanga, en Californie le 3 octobre 1992. Quand Marija est morte le 2 février 1994, nous nous sommes sentis très triste mais également chanceux d’avoir eu l’occasion de passer du temps avec elle avant qu’elle soit partie. Quoiqu’elle ait lutté contre un cancer lymphatique pendant de nombreuses années, Marija était extrêmement vivante et active jusqu’à la fin. Le 27 Juin 1993, le musée de Frauen à Wiesbaden en Allemagne lui a consacré une large exposition , “le language de la déesse,” et elle était là pour recevoir cet honneur.
Après avoir passé beaucoup d’années de sa vie dans un relatif anonymat, Marija semblait être étonnée véritablement de découvrir à quel point elle était devenue populaire. Malgré cet honneur, elle était toujours humble et aimable. Marija était incroyablement chaleureuse, des yeux pleins de vie, et une de manière de vous faire sentir bien à côté d’elle. Elle est apparue sensible et gracieuse, pourtant (Jilled ?) avec la force. Il y avait quelque chose d’intemporel chez Marija, parce que elle était une femme de nombreux temps et lieux, et la déesse a semblé briller à travers elle.



INTERVIEW
David: Qu’est-ce qui est à l’origine de votre intérêt pour l’archéologie et les dimensions mythologiques de la déesse des religions de la vieille Europe?
Marija: Cela doit avoir à faire avec toute ma vie, je pense. J’étais toujours un mouton noir. J’ai fait ce que j’ai vu avec mes propres yeux – jusqu’à ce jour, en fait. J’étais très indépendante. Ma mère était également très indépendante. Elle était une des premiers étudiantes de médecine en Suisse et en Allemagne quand il n’y avait aucune autre fille étudiante.
Quand je suis née en Lithuanie il y avait toujours encore cinquante pour cent de païens. J’ai eu énormément de liens directs aux déesses. Elles étaient autour de moi dans mon enfance. La déesse Laima était là, elle pouvait appeler la nuit et regarder par les fenêtres. Quand une femme donnait naissance elle apparaissait, et la grand-mère organisait les choses. Elle est douée pour les serviettes de la déesse et des tissus sont étendus pour elle, parce qu’elle tisse la vie, elle est le fileuse. Elle peut être en voie de disparition, mais il y a cinquante ans elle était toujours là.
La Grande Déesse en Crète
Gimbutas considère la Crète minoenne comme le dernier avant-poste de la « Vieille Europe ». Elle rattache cette culture à celle de l’Europe néolithique alors même que le monde alentour change vers un système indo-européen.


Erik Rodenborg en citant Nanno Marinato nous en livre un résumé très intéressant. Particulièrement intéressant car il souligne pour nous que les observations de Marinato rejoignent clairement celles de Gimbutas sans y faire aucunement référence, sans proposer de parallèles avec la culture du Néolithique en Europe.
Il nous explique que ce qui est exposé au sujet de la Crète « ressemble de façon frappante à l’image que Gimbutas donne de la religion dans la vieille Europe ».
En Crète il est indéniable que la divinité la plus importante est une Déesse, avec pour Marinos, l’impossibilité de trancher s’il s’agit d’une seule déesse ou de plusieurs.
« Marinatos souligne qu’il y a une unité entre la déesse dans toutes ses manifestations et la nature ». La déesse une et multiple, une, manifestée sous de multiples formes. L’étude suppose que la divinité féminine crétoise est donc polythéiste et de la comparer aux déesses égyptiennes aux attributs interchangeables, c’est bien ainsi aussi qu’elle apparait dans la culture Celte par exemple (voir capsule Brigid)
En Crète la déesse est représentée assise et debout à la campagne dans la nature près des sanctuaires, ou sur une montagne, entourée ou assise sur des animaux (lions, griffons, oiseaux, phoques… et bien sûr serpents). Nous avons là une description très proche de ce qu’a pu en faire Marija au sujet de la Grande Déesse du Néolithique. Il note, à la suite de Marinato et donc de Gimbutas, que les déesses guerrières du type Moyen-Orient sont absentes.
En ce qui concerne les dieux, ils sont beaucoup moins courants. Deux figures semblent émerger : le maître animal, le chasseur et le jeune Dieu à la canne.
Erik Rodenborg conclue cette partie d’étude en adhérant à la théorie de Gimbutas, qu’il qualifie de « raisonnable », de la déesse minoenne comme le dernier vestige de ce qui existait dans l’Europe néolithique. Tant en ce qui concerne l’expression religieuse d’une divinité féminine majeure que dans l’absence de motifs guerriers.
Lien vers article d’EriK Rodenborg (en suédois)


Brigid la grande déesse des Celtes
Nouvelle capsule sur ma chaîne Youtube


