Après bien des misères sur l’Internet, me voici de retour. Avec mes excuses de ce grand silence
Le point FR est devenu ORG, ne me demandez pas pourquoi je n’en sais rien
Au plaisir de nouveaux partages.

L’étude de l’histoire et de la préhistoire ne peut procéder que par tâtonnements et progresser au fil de nouvelles découvertes, de nouveaux « outils » (Carbonne 14, ADN etc.). Ainsi nous devons tenir compte de ce qui nous fut conté, pas à pas, mais aussi de ce que nous savons maintenant, tout en sachant que nous en saurons certainement plus dans 50 ans. Mais quand même nous ressortir des trucs qui datent de Mathusalem, c’est un peu grotesque.


J’avais entre 8 et 12 ans quand mon père me sortait l’histoire machiste des hommes qui furent obligés de prendre le pouvoir face aux femmes qui en avaient abusé : légitimité de la suprématie masculine. Et mon père c’est belle lurette quant aux connaissances Pourquoi nous ressert-on la pourriture de cette soupe ? Devons nous continuer à mesurer nos crânes pour savoir lesquels d’entre-nous sont plus intelligents ou mettre en cul de basse fosse ceux qui disent que la terre tourne autour du soleil ? Devons – nous continuer à croire que ce sont des esclaves qui ont construit les pyramides parce que Machin l’a dit il y a 150 ans ?
C’est incroyable comme certains « spécialistes » s’accrochent à leurs croyances, comme si leurs thèses étaient parole d’Evangile. Tout le monde n’est pas Renfrew capable de remettre en cause son propre travail et par conséquent faire évoluer ses thèses, au service de la science et de l’humanité, non d’un égo démesuré.
Et le boulot de titan de Kristiansen, d’Haarmann ? Ça compte pour du beurre ? Gimbutas et ses Kurganes (Yamnayas), validée par l’ADN et la linguistique ? Une femme donc une folle ? Nous en sommes encore là !
Analyser le lointain passé à travers le prisme de notre vision des choses est un dangereux piège duquel certains spécialistes se méfient comme de la peste, pas la majorité. Le silence est imposé à cette minorité (pas de traduction, pas de visibilité « commerciale ») . Osons lever le voile et sortir la poussière de sous les tapis. Assurément ce n’est pas en lisant ce genre d’article que nous y arriverons.
J’avoue que je n’ai pas tout lu. Quelques paragraphes choisis sur le fil ont suffi pour me donner la nausée. Je vous laisse chercher les clés de RElecture. J’entends déjà les commentaires « c’est vrai ils l’ont écrit dans un magazine », comme « ils l’ont dit à la télé », « sur Internet ». Notre culte de la fainéantise nous rabaisse à croire tout ce que l’on nous sert sans poser de questions et nous entraine à la pensée unique, la seule, la grande vérité, le dogme. La connerie.
Nous avons la fâcheuse habitude de citer 1 nom et de visiter 1 site et lorsque nous le visitons gardons notre attention sur l’exploit de construction, la beauté, le mystère. Une grande partie d’entre nous tente aussi de porter attention à ce que nous ressentons. Le site de Brú na Bóinne nous démontre que ce n’est pas la bonne lecture.
Lorsque nous visitons un site, nous devrions « regarder » avec attention, le « où » et l’ensemble du « où ».


Quand je débarquais à Carrowmore ou bien à Loughcrew en Irlande, les constructions m’ont semblées puissantes, magnifiques, incroyables, mystérieuses. Cependant c’est lorsque je pris conscience du « où », de l’autour et de l’environnement que je me suis sentie embarquée dans un autre monde, une autre dimension, un autre système de pensée. Assise près de Listoghil (Tombe 51), je remarquais le U formé par les montagnes environnantes, le cocon dans lequel se trouvait les tombes. Et surtout, je me sentais veillée de tout son regard par Maeve, placée plus haut, au-dessus, surplombant tout à Knocknarea. Par évidence les peuples de la Déesse savaient ce qu’ils faisaient en faisant là, en choisissant l’angle et l’orientation, toujours en phase avec le soleil.


A Loughcrew c’est tout aussi marquant. L’enfilade de sites sur plusieurs sommets, ne peut se saisir si l’on se contente de ne voir que le Cairn T, maison de la Cailleach sise en haut, encore, toujours, trônant sur sa chaise et regardant l’horizon.
Il en est de même du côté de la Vallée du Brú na Bóinne. Nous ne parlons que de New Grange et lorsque nous avons la chance de le visiter, de sa grandeur et de sa beauté. C’est un fait, c’est beau, c’est grand, c’est mystérieux.
Cependant, nous le comprendrons bien différemment si nous regardons le « où », si nous regardons l’environnement dans ce « où ».




Brú na Bóinne s’appelle aussi Bealach Bo Fionn, maison des fées de la rivière de la déesse vache blanche, demeures des divinités principales de la mythologie irlandaise, l’endroit où elles se manifestent. Le nom signifie littéralement « La maison des esprits ».
New Grange est connu pour être la demeure du dieu soleil, le Jeune Oengus, mais le lieu dans son ensemble est d’abord lié à la déesse Bo, Boan, composé de 3 cairns et non des moindres : Newgrange, Knowth et Dowth.
Regardé dans son ensemble le lieu nous livre 3 monticules reliés à la naissance, la vie et la mort.
New Grange représente la renaissance du soleil à l’aube et nous savons comme il pénètre ses profondeurs au moment du lever du soleil au solstice d’hiver. Knowth de son côté est aligné sur les équinoxes, ce qui fait dire à Frank Roberts « un alignement du soleil au mi-point de sa course » et Dowth est aligné au soleil couchant du solstice.
C’est en prenant conscience de cet ensemble que nous pouvons rencontrer la pensée préhistorique des constructeurs de mégalithes. C’est à ce point là de regard que nous pouvons commencer à approcher leur conception du monde et de la vie, tournée et orientée vers cette osmose entre l’espace cosmique et l’humanité. Il ne s’agit pas ici d’un culte à une divinité suprême nous exhortant à la puissance ou à la soumission, un maitre de guerre ou un juge. Il ne s’agit même pas du seul culte au soleil, à la lumière, il n’y a pas que le « fils », que l’homme, mais une tentative d’alignement sur les mouvances cycliques du Cosmos, avec l’humain à la jonction, naissant, vivant puis mort, retournant dans les sombres mystères de Sa Mère Première.

Vient de paraître aux Editions du Serpent
Le Japon Religieux
Face à face avec le Shintô
Sylvie Verchère
Le Japon nous fascine. Pays lointain où le soleil se lève, il exerce sur nous une attirance mystérieuse. Lorsque j’y pose les pieds, je n’ai de cesse de tenter de percer ce mystère et chaque fois je me trouve face à face avec le Shintô, la religion traditionnelle du pays. Immanent de la nature, le Shintô est une pratique ancestrale, venue du fond des temps. Pour nous qui sommes éloignés des chemins sacralisant la nature, il peut être une surprise exquise, une révélation profonde, un rappel de notre appartenance au Cosmos. Les Kami nous regardent, si nous savons attirer leur attention. Le soleil se reflète dans les miroirs posés au creux des temples, nichés dans les profondeurs des sanctuaires. Les arbres nous protègent, entourés de leurs shimenawa tressés. Je vous invite à suivre ce chemin, celui que j’ai suivi dans mes pèlerinages. De la Caverne Céleste au Kagura du soir, je vous propose d’en explorer le sens et la beauté.
Acheter version papier ou ebook
Vous pouvez trouver l’ouvrage d’Erik Rodenborg « Autour de Marija » en suivant le lien ci-dessous.
Une étude de plus de 200 pages, analysant les thèses des détracteurs et des partisans de Marija Gimbutas. Un long travail de recherche. Une passionnante épopée. Que nous révèle l’archéologie, l’histoire, la symbolique des peuples anciens, à travers leurs Vénus, leurs figurines de femmes, leurs temples, les mégalithes… ? Cet ouvrage vous propose des réponses et vous permet des questions, dévoile un monde autre, une perception et une conception autre du monde, le monde de nos ancêtres.

Je me jetais sur cet ouvrage sans trop savoir qu’y trouver : une charge agressive contre toutes les pratiques modernes du « DP », une attaque en règle de certaines des pratiques qui sont les miennes ? Intéressant ! Ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça. Phrase après phrase j’ai dit « oui », « ha mais oui ! », « c’est pas faux », « en effet », « ha c’est intéressant », « pourquoi pas », « bon là c’est un peu extrême ou caricatural mais…»… je l’ai lu d’une seule traite, c’est dire si je fus captivée.
Je pouvais suivre le chemin mental de l’auteur, la fluidité de sa pensée. Trop souvent les écrits rabâchent inlassablement la même idée, ici ça « coule comme de l’eau ». « Quel joli cerveau » ai-je pensé. Le fond n’est pas en reste. Il ne s’agit pas ici d’une accusation sans fondement de pratiquants ciblés du DP, mais une tentative de lecture du « phénomène » étayée et argumentée et c’est un point de vue que nous ne devrions pas occulter. J’ai bien observé ces injonctions au « développement personnel » ces « tu dois, il faut », ces paradigmes certifiant le bonheur « personnel » qui ressemblent bien trop à de nouveaux dogmes.
Moi, dont l’activité principale consiste à accompagner, je rejoins assez souvent l’auteur : je tiens compte de l’inconscient qui n’est pas à la botte de mon bon vouloir, je pense que « ça pense donc je suis ». Les choses ne sont pas « si » simples que de vouloir, ni si complètement saisissables, maitrisables.
Ce livre casse un peu la baraque. Oui-da. Mais il possède avant tout un très grand avantage, celui de contrebalancer, équilibrer nos tendances unilatérales, nos certitudes, nos croyances trop ancrées, extrêmes, extrémistes. Il possède un effet thérapeutique si j’ose dire, ouvre un possible « réfléchir par soi-même » (sic) et surtout nous rappelle que nous héritons d’une histoire, d’une pensée collective, d’un contexte. Il nous remet les pieds sur terre, nous ramène au concret, au vécu. Il nous décrit faisant partie d’un « système » tel qu’il pourrait être décrit par Bateson. Bref il nous rappelle que dans l’espace-temps nous ne sommes pas seuls, pour le meilleur et pour le pire : un développement inter personnel.
Tous les explorateurs de l’âme parlent de cette tendance, ce désir, de la psyché, à la synthèse, lui donnant différents noms, comme par exemple l’individuation. Assagioli l’a appelée la Psychosynthèse.